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L’AVC, une maladie encore méconnue
Bruxelles, le 10 février 2005 – Actuellement, le traitement de l’AVC en Belgique est insuffisant sur deux aspects. En matière de prévention, les facteurs de risque, en particulier l’hypertension, ne sont pas dépistés assez tôt et les traitements préventifs ne sont donc pas toujours initiés à temps. D’autre part, il existe un traitement de l’AVC (thrombolyse), mais il doit être administré dans les 3 heures. Trop peu de patients reçoivent ce traitement, car les symptômes d’alarme sont méconnus et l’AVC n’est pas toujours reconnu comme une urgence médicale.
Tous les ans en Belgique, 19.000 personnes sont victimes d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral ou attaque cérébrale). 9.000 d’entre eux meurent dans l’année et 6.000 sont handicapés et dépendent de l’aide de leurs proches. En Europe, les AVC représentent la troisième cause de mortalité et la première cause d’invalidité grave. 10% de la mortalité mondiale, toutes causes confondues, est due aux AVC.
« Ces chiffres impressionnants doivent conduire impérativement à une identification précoce des facteurs de risque et une optimalisation des traitements de prévention primaire et secondaire », commente le Prof. Patrice Laloux, Président du Belgian Stroke Council (BSC).
Les conclusions d’une enquête Ipsos/INRA sur les AVC, commanditée par le BSC, confirment la profonde méconnaissance de cette maladie à tout niveau:
- 40% des personnes interrogées ignorent les facteurs de risque ou citent des facteurs de risque qui n’en sont pas
- 54% des personnes interrogées ignorent les symptômes de l’AVC ou se trompent
- 44% des personnes interrogées ne pensent pas qu’il soit urgent de réagir quand les symptômes apparaissent. Il est pourtant indispensable d’appeler un médecin endéans les 15 minutes si les symptômes persistent au moins 15 minutes
- 67% des personnes interrogées ignorent qu’il existe un traitement de l’AVC
« Pourtant, en corrigeant tous les facteurs de risque à un stade précoce, il serait possible de réduire le nombre d’AVC de près de 70% », estime le Dr. Geert Vanhooren, neurologue à l’A.Z. Brugge et membre du BSC. En parallèle, 2.220 décès ou dépendances pourraient chaque année être évités par une application plus large du traitement thrombolytique de l’AVC. On sait en effet que près d’un quart des patients avec un AVC ne sont pas hospitalisés et que seul 1,4% des patients victimes d’un AVC ischémique reçoivent un traitement thrombolytique.
Qu’est-ce qu’un AVC ?Il existe deux sortes d’AVC : l’AVC ischémique et l’hémorragie cérébrale.
- Les AVC ischémiques (82% des AVC en Belgique) sont causés par l’occlusion d’une artère du cerveau par un caillot de sang.
- L’hémorragie cérébrale (18% des AVC) est due à la rupture d’une artère sous l’effet de l’hypertension ou à cause d’une malformation congénitale.
La plupart du temps, un AVC apparaît subitement, se développe rapidement et provoque une lésion cérébrale en quelques minutes. Les conséquences sont lourdes à la fois pour le patient et son entourage et dépendent de l’étendue et de la localisation de la zone touchée dans le cerveau: perte de mobilité (paralysie, perte d’équilibre, perte de motricité fine, etc.) et perte de capacité cérébrale (perte de mémoire, troubles de l’humeur, démence…).
Les facteurs de risque
D’une part, il y a les facteurs de risque non contrôlables comme l’âge, le sexe, les antécédents familiaux et, d’autre part, les facteurs contrôlables comme le tabagisme, l’hypertension, l’inactivité, l’hypercholestérolémie, l’obésité, le diabète ou l’alcool. Il est important d’agir sur les facteurs contrôlables car plus une personne a de facteurs de risque, plus elle risque de présenter un jour un AVC.
L’hypertension est un facteur de risque majeur, sinon le plus important, tant pour les AVC ischémiques que les hémorragies cérébrales. Un adulte sur trois en souffre et on estime que l’hypertension multiplie par 4 à 6 le risque d’AVC. Pourtant, trop de patients ne sont toujours pas conscients des risques d’une hypertension et/ou en négligent le traitement.
Les symptômes d’alarmeIl est primordial de connaître les symptôme d’alarme. Les patients qui présentent un ou plusieurs de ces symptômes pendant au moins 15 minutes doivent appeler immédiatement un médecin pour décider d’une hospitalisation urgente.
Les symptômes d’alarme sont les suivants :
- paralysie de la bouche, d’un bras ou d’une jambe ;
- perte de sensibilité sur le visage, un bras ou une jambe ;
- troubles de la parole avec difficulté pour articuler, trouver les mots ou les comprendre ;
- perte de l’équilibre ; troubles de la vision ;
- céphalée violente « en coup de poignard ».
La plupart des AVC sont la manifestation d’une lésion organique qui intervient au stade terminal d’une maladie vasculaire initiée des dizaines d’années plus tôt.
Prévenir un AVC signifie donc traiter la cause vasculaire sous-jacente, l’athérosclérose, ce qui entraîne automatiquement un effet favorable sur les autres organes impliqués dans cette maladie :
- Au niveau du cœur : une prévention de l’ischémie myocardique
- Au niveau des reins : une prévention de l’insuffisance rénale
- Au niveau des membres inférieurs : une prévention de l’ischémie artérielle périphérique
Il existe plusieurs facteurs de risque accélérant l’athérosclérose. Certains facteurs de risque, comme l’âge et le sexe, ne peuvent être modifiés. On ne peut pas non plus modifier une prédisposition génétique à présenter des facteurs de risque modifiables. Par contre, il existe suffisamment d’arguments scientifiques pour admettre qu’une réduction active des facteurs de risque modifiables à un stade précoce de l’athérosclérose diminue la prévalence des maladies vasculaires, et notamment de l’AVC.
Un site à visiter: www.accidentcerebral.org disponible à partir du 15 février 2005
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Mise en ligne le 15/10/2004 - Dernière modification 07/11/2005 Contact