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Dossiers

LES ALLERGIES ALIMENTAIRES ET LA DERMATITE ATOPIQUE

L’ALLERGIE ALIMENTAIRE

TESTS DIAGNOSTIQUES

MESURES DE PRÉVENTION FACE À UNE ALLERGIE ALIMENTAIRE

LES LAITS HYPOALLERGÉNIQUES : UNE HYPOALLERGÉNICITÉ TRÈS VARIABLE

QUELQUES CHIFFRES SUR L’ALLERGIE ALIMENTAIRE ET LES AUTRES FORMES D’ALLERGIE

LA DERMATITE ATOPIQUE

MÉCANISMES ET MANIFESTATIONS DE L’ALLERGIE EN GÉNÉRAL ET DE LA DA EN PARTICULIER

PRÉVENTION ET TRAITEMENT DE L’ALLERGIE

Un lait infantile pour prévenir les allegies

A lire également sur Lasanté: la dermatite atopique

 

L’ALLERGIE ALIMENTAIRE

Dans la petite enfance, l’alimentation est souvent responsable de réactions allergiques. Cinq aliments sont à l'origine de 82 % des allergies alimentaires chez l'enfant : l'œuf, la cacahuète, le lait, la moutarde, la morue. C’est la protéine de lait de vache, présente dans les laits infantiles classiques, qui est donc le premier allergène rencontré par le nourrisson. L’allergie au lait de vache affecte entre 2% (1) et 5% des enfants de moins de 2 ans et agit souvent comme facteur déclenchant de la réaction allergique chez le nourrisson à risque. Cette réaction peut se manifester par différents symptômes. Certains sont immédiats, comme l’urticaire ou l’œdème de Quincke ; d’autres sont retardés ou semi-retardés : problèmes digestifs (diarrhée, vomissement, colique, reflux gastro-oesophagien, oesophagite, rectocolite infantile, entérocolite associée à la nourriture, constipation), problèmes de peau (eczéma) ou problèmes respiratoires (asthme, rhinite, otites à répétition).

TESTS DIAGNOSTIQUES

Différentes techniques existent pour diagnostiquer une allergie alimentaire : 
- l’anamnèse du patient : elle permet d’identifier, en fonction des habitudes alimentaires, les aliments à suspecter
- les Patch tests cutanés pour les réactions retardées
- le Prick test cutané pour les réactions immédiates IgE médiées
- les tests sanguins (RAST) pour les allergies à IgE radiées
- le régime d’éviction et test de provocation oral
Malgré les réticences existant encore chez certains médecins à pratiquer ces tests chez les plus jeunes, il est aujourd’hui établi qu’au pire, ils donnent des indications précieuses sur le risque d’allergie.

MESURES DE PRÉVENTION FACE À UNE ALLERGIE ALIMENTAIRE

Un dépistage précoce de l’allergie ou du risque allergique chez le nourrisson peut souvent permettre de mieux la maîtriser, voire de retarder le développement d’allergies associées.

En 2001, de nouvelles recommandations ont été publiées dans la revue « Pediatric Allergy and Immunology » face à la prise en charge diététique de la dermatite atopique :
- en termes de prévention : l’allaitement maternel est recommandé pour tous les nourrissons pendant les 4 à 6 premiers mois de vie. Pour les nourrissons à haut risque qui ne sont pas nourris au sein pendant les 4 premiers mois de vie, une formule hydrolysée très poussée, largement documentée, est recommandée d’emblée (voir estimation du risque infra) ;
- en termes de traitement : l’éviction totale de l’aliment incriminé est recommandée ; pour les nourrissons atteints d’allergie aux protéines de lait de vache et nourris au sein, une alimentation dépourvue de lait chez la mère est indispensable pendant la période de l’allaitement ; pour les nourrissons atteints d’allergie aux protéines de lait de vache et nourris au biberon, une formule à hydrolyse très poussée largement documentée est recommandée. Dans de très rares cas, des formules à base d’acides aminés libres peuvent être recommandées. L’introduction d’aliments supplémentaires ne doit pas avoir lieu avant le 5ème mois (2-3).
Les hydrolysats doivent faire preuve d’une efficacité certaine, combinant une bonne efficacité nutritionnelle, mais aussi une tolérance quasiment parfaite : il est recommandé que les produits diététiques destinés au traitement de l’allergie aux protéines du lait de vache chez les nourrissons soient tolérés par au moins 90% (avec 95% d’intervalles de confiance) des groupes de nourrissons ayant un diagnostic d’allergie aux protéines de lait de vache (3).

LES LAITS HYPOALLERGÉNIQUES : UNE HYPOALLERGÉNICITÉ TRÈS VARIABLE

Seuls les hydrolysats poussés permettant l’éviction totale des protéines alimentaires qui provoquent la réaction allergique sont véritablement hypoallergéniques. En effet, pour obtenir un lait hypoallergénique, différents stades d’hydrolyse des protéines de lait peuvent être réalisés :


Ainsi les laits qualifiés H.A. qui contiennent des protéines partiellement hydrolysées peuvent être administrés en prévention, mais sont à proscrire en traitement de l'allergie à la protéine de lait. 
Parmi les hydrolysats poussés, les formules les plus hypoallergéniques sont les hydrolysats extensifs (ou très poussés) de caséine (Nutramigen) : la protéine du lait de vache y a été coupée en si petits fragments – on parle alors d’hydrolyse très poussée – qu’ils ne sont plus reconnus comme un allergène par l’organisme et ne déclenchent dès lors pas de réactions allergiques. Selon de nombreux auteurs, seuls ces hydrolysats très poussés de caséine doivent être prescrits en traitement de l’allergie à la protéine de lait, parce qu’ils sont les seuls à démontrer une protection atteignant 90%, avec un intervalle de confiance de 95% (4).
La guérison d’une allergie au lait de vache durant la première année n’est possible que dans 56% des cas. Dans les 2 ans, ce sont 77% des bébés qui guérissent de leur allergie, chiffre qui atteint 87% à 3 ans (5). Entre temps, les bébés et enfants souffrant d’une allergie aux protéines de lait de vache ont besoin d’un substitut adéquat au lait, car les allergies alimentaires peuvent avoir un effet négatif sur la croissance et l’assimilation des aliments (6).

QUELQUES CHIFFRES SUR L’ALLERGIE ALIMENTAIRE ET LES AUTRES FORMES D’ALLERGIE

Deux études épidémiologiques internationales ont récemment donné des informations sur l’importance des allergies et des maladies qui en résultent : l'étude ECRHS (European Community Respiratory Health Survey) sur la prévalence de l'asthme, menée auprès d'adultes de 20 à 45 ans de l'Union européenne, et l'étude ISAAC (International Study of Asthma and Allergies in Childhood), menée dans 50 pays auprès de 700.000 enfants de 6-7 ans et d’adolescents (13-14 ans), souffrant de tous types d'allergie confondus.
Ces études nous donnent un aperçu sur la prévalence des allergies en Belgique : toutes les manifestations allergiques connaissent une recrudescence qui inquiète les observateurs et la fréquence des allergies alimentaires ne fait pas exception d’autant plus qu’elles provoquent de plus en plus fréquemment des accidents allergiques graves, même chez les tout petits (choc anaphylactique, oedème laryngé...). (7)
Aujourd’hui, l’association entre l’allergie alimentaire et d’autres formes de manifestation allergique est reconnue. C’est ce que les spécialistes appellent la « marche allergique » qui motive des associations comme l’EACCI (Académie Européenne d’Allergologie et d’Immunologie Clinique) à en appeler à tous les spécialistes concernés (pédiatres, dermatologues, gastro-entérologues…) à considérer tout symptôme allergique dans sa globalité et de s’intéresser aux autres manifestations, même ne relevant pas de sa spécialité.


LA DERMATITE ATOPIQUE

En Belgique, 10 à 12 % des nourrissons souffrent de dermatite atopique (7). Son augmentation depuis 30 ans est considérable : certains évoquent une augmentation de 250% durant ces 3 dernières décennies au niveau mondial (8). Dans 80% des cas, elle se manifeste avant le premier anniversaire du bébé, mais rarement avant 3 mois, et 10 à 15 % des dermatites atopiques du nourrisson perdurent après la puberté. En général, elle disparaît spontanément avant l’âge de 3 ans.
Entre un tiers et 60%, selon les études, des enfants présentant une dermatite atopique (DA) modérée à sévère souffre d’allergie alimentaire ayant une influence directe sur la DA (9-10). Vu que plus l’enfant est jeune, plus la DA est liée à l’allergie alimentaire, on constate que chez les bébés de moins d’un an, l'allergie alimentaire est responsable de 80% des cas de dermatite atopique (7). Par ailleurs, la dermatite atopique est souvent la première manifestation de l’atopie.
L'asthme y est associé dans 41 % des cas : un aspect génétique associant DA et asthme a été identifié sur le chromosome 11q13. L'asthme concerne surtout les enfants et sa fréquence est en augmentation : aujourd’hui, sa prévalence est de 4 à 7 % chez les adultes et de 9 à 14 % chez les enfants. 
Dans 23 % des cas, l'asthme est également associé à une rhinite. La rhinite allergique touche 10 % de la population. Elle atteint surtout les adolescents entre 13 et 19 ans et va souvent de pair avec des symptômes oculaires (démangeaisons, gonflements des yeux...).
On constate donc un lien entre les différentes formes d’allergies : on parle parfois de triade atopique pour désigner l'eczéma, la rhinite et l'asthme qui apparaissent successivement ou parfois simultanément chez une même personne.


MÉCANISMES ET MANIFESTATIONS DE L’ALLERGIE EN GÉNÉRAL ET DE LA DA EN PARTICULIER

Le mécanisme allergique est lié à la capacité de notre organisme à lutter contre des éléments extérieurs : bactéries, microbes et autres virus.
Dans le processus normal, lorsque l’un de ces éléments indésirables est rencontré, notre système immunitaire va l’identifier, l’inscrire dans sa mémoire immunitaire ; ainsi, lorsqu’il sera à nouveau confronté à cet intrus, il va le reconnaître et fabriquer des anticorps pour le combattre. 
Dans le cas de l’allergie, le système immunitaire se déclenche anormalement pour réagir contre des substances jusque là tolérées qui ont été avalées, touchées ou respirées par la personne prédisposée à l’allergie. Il va alors produire en excès des anticorps, comme les IgE ou les IgG ainsi que différentes cellules, comme les éosinophiles, les lymphocytes, les mastocytes, etc.
Dans la dermatite atopique, les patients enregistrent un taux trop élevé d’IgE, ce qui va stimuler la production de différentes cellules, dont les cellules T, une sous-population de leucocytes qui est impliquée dans le développement de la DA. Ces cellules T activées vont alors libérer des cytokines, des molécules dites messagères qui vont diriger la réponse allergique avec pour résultat la formation des lésions d’eczéma.
« Jusqu’à récemment, l’origine de la dermatite atopique, des problèmes gastro-intestinaux, etc., liés aux aliments, a été perçue par les pédiatres comme étant principalement IgE-médiée. Cependant, au cours des dernières années, on a découvert que la moitié des enfants souffrant d’allergie au lait de vache n’avaient pas d’IgE spécifiques lors de la réalisation de tests cutanés ou de recherche d’IgE spécifiques. De ce fait, toutes les allergies alimentaires chez nourrisson ne sont pas IgE-médiées (11). En dehors des manifestations atopiques IgE-médiées, des réactions de type lymphocytes T-médiées ont aussi été rencontrées chez des nourrissons présentant une allergie au lait de vache. Le spectre clinique des réactions est large et les mécanismes exacts de ces troubles sont toujours mal compris(1) », explique le Prof. Georges Casimir, Médecin responsable du Département d’Allergologie de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola.

PRÉVENTION ET TRAITEMENT DE L’ALLERGIE

La probabilité pour un enfant de développer une allergie dépend donc essentiellement de ses antécédents familiaux : plus il y a de membres de la famille qui souffrent d’allergie, plus le risque pour l’enfant de développer une allergie est important. Il n’en reste pas moins que si le terrain familial est un facteur favorisant, 10 à 15% des enfants deviennent aujourd’hui « spontanément » allergiques.
L’évaluation du risque peut être résumée comme suit :

Antécédents familiaux

Risque allergique chez l’enfant

Pas de parents allergiques

10-20%

1 parent allergique

20-40%

1 frère ou une sœur allergique

30%

2 parents atteints d’allergie

40-60%

2 parents atteints de la même allergie

72%


Source : Hamburger RN, Nutr Res 1992 ; 12 :101-107 et Kjellman J-I M : Allergy 1982 ; 37 : 463-473

Il est donc essentiel, pour évaluer le risque allergique d’un enfant, de tenir compte des antécédents familiaux d’allergie. Ce risque sera évalué par le médecin par un questionnaire approprié et par les tests diagnostiques aujourd’hui disponibles (voir supra).
Dans le cas précis de la dermatite atopique, des études récentes ont démontré que lorsque des membres de la famille sont atteints, le risque allergique est important ; la possibilité de prévenir les manifestations atopiques a dès lors été envisagée. Ainsi, une étude indépendante, GINI (German Infant Nutritional Intervention Study), a été organisée par le Ministère Fédéral allemand de l’Education et de la Science. Elle a consisté à évaluer, entre 1995 et 1998 et sur 2252 enfants à risque atopique, les moyens préventifs contre la DA via l’alimentation ; les nourrissons suivis étaient séparés en 4 groupes : le premier était nourri aux formules de lait de vache non hypoallergéniques, le deuxième au lait artificiel hypoallergénique partiellement hydrolysé, le troisième aux formules de lait de vache extensivement hydrolysées et le quatrième à une formule d’hydrolysat très poussé de caséine. Les premiers résultats de cette étude ont été publiés et démontrent qu’après un an, le risque de développer une allergie était très réduit lorsqu’un hydrolysat très poussé de caséine était administré (9% contre 16% chez les enfants nourris aux formules de lait de vache). Par ailleurs, l’incidence de dermatite atopique était significativement réduite dans le groupe nourri à l’hydrolysat très poussé de caséine par rapport à celui des bébés nourris au lait partiellement hydrolysé, ce qui plaide en faveur de la faisabilité de prévenir efficacement les manifestations allergiques, notamment la dermatite atopique, chez les nourrissons à risque par l’administration d’un hydrolysat très poussé de caséine (12).

Un lait infantile pour prévenir les allegies

 NUTRAMIGEN 2 LGG : UNE EXCLUSIVITÉ SUR LE MARCHÉ DES FORMULES HYPOALLERGENIQUES

Nutramigen 2 LGG :  formule de "lait infantile" qui a inclu le LGG dans sa composition, grâce à l’exclusivité conclue avec le laboratoire qui en a le brevet. Désormais, les bébés allergiques de plus de 4 mois pourront bénéficier d’un Nutramigen deuxième âge totalement adapté et continuer à profiter de ses bienfaits tant en traitement qu’en prévention des allergies à la protéine de lait et de la dermatite atopique.  Qu'est-ce que le LGG?

Références bibliographiques :

(1) Heine RG et al, Curr Opin Allergy Clin Immunol 2002 ; 2 : 217-225
(2) Pediatric Allergy and Immunology 2001; vol 12 (suppl. 14)
(3) Host A et al, Arch Dis Child 1999 ; 81 : 80-84
(4) Moneret-Vautrin D.A., Hatahet R et Kanny G., Arch de Pédiatrie 2001, Vol 8 (supp 12) : 1348-57.
(5) Høst A, Halken S : Allergy 1990 ; 45 : 587-596
(6) Christie L et al: J Am Diet Assoc 2002; 102: 1648-1651
(7) Chiffres provenant de la Fondation pour la Prévention des Allergies
(8) Schultz Larsen F, Pediatric Allergy Immunol 1996 ; 7 (suppl 9) : 51-83
(9) Eigenmann PA, Pediatr Allergy Immunol 2001 : 12 (suppl 14) : 69-74
(10) Sampson H.A. et al., The Journal of Pediatrics 1985 ; 669-675
(11) Dreborg S, Pediatr Allergy Immunol 2001; 12 (suppl 14) : 24-30
(12) Von Berg A et al, The effect of hydrolyzed cow’s milk formula for allergy prevention in the first year of life: The GINI Study, a randomized double-blind trial; J Allergy Clin Immunol. 2003 Mar;111(3):533-40.

Dernière modification 07/11/2005   Contact