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Le point sur l'asthme
« Les patients asthmatiques belges gèrent bien leur crise et semblent satisfaits de leur condition, mais en fait s’accommodent de symptômes réguliers et handicapants»
En cause le caractère chronique et variable de la maladie d'une part et la négligence ou l'oubli du traitement de fond d’autre part.
C’est l’un des enseignements d’une vaste enquête belge (2002) sur l’asthme, initiée par AstraZeneca, menée de concert auprès de patients et de médecins belges par INRA en collaboration avec le Journal du Médecin.Pourquoi une enquête sur l’asthme ? Aujourd’hui force est de constater que l’asthme est loin d’être une maladie sous contrôle : la prévalence est en augmentation, avec un total de 15 millions de patients asthmatiques dans le monde.
L’objectif de cette enquête miroir sur l’asthme, première de ce genre en Belgique, était de faire le point sur une double perception, celle des patients face à leur maladie et son impact sur la vie quotidienne et la perception des médecins face aux réactions de leurs patients.
Paradoxe de l'asthmatique : « je vais bien, mais j’ai du mal à soutenir un effort physique, je me réveille souvent la nuit et je suis gêné dans l’exercice de mes activités quotidiennes »
L’asthme est considéré et vécu comme une maladie handicapante pour 66% des patients et 57% des médecins. Malgré cette perception négative de la maladie, 88% des patients et 99% des médecins jugent positivement les traitements pour contrôler les symptômes. Ce jugement est renforcé par le fait que les médecins interrogés estiment que le critère prépondérant pour évaluer l'efficacité du traitement est la "satisfaction du patient".
82% des patients asthmatiques déclarent d’ailleurs leur état stable. Cette satisfaction apparente cache en fait des symptômes très réguliers et particulièrement invalidants. Ce bémol apparaît lorsque les patients sont interrogés sur des situations précises de leur vie quotidienne. Ainsi l’enquête révèle les plaintes suivantes :
- 1 patient sur 2 reconnaît son incapacité régulière à soutenir un effort physique
- 3 patients sur 10 mentionnent des troubles réguliers de sommeil
- 3 patients sur 10 affirment être gênés dans l'exercice de leurs activités quotidiennes normales
- Et près de la moitié des patients estiment finalement que leur qualité de vie pourrait encore être améliorée, ce que confirment 77% des médecins interrogés.
Ce paradoxe révèle que ce sentiment de contrôle et de satisfaction traduit plutôt l'acceptation de la maladie. Tant que la crise asthmatique peut être jugulée, les patients asthmatiques s’habituent en quelque sorte aux symptômes handicapants de la maladie. Ils ne les relèvent plus spontanément, sauf si on les interroge très précisément à ce sujet.
L’asthme est une maladie chronique qui nécessite un traitement de fond, et pourtant…
Soigner l’asthme, ce n'est pas uniquement soigner des symptômes mais surtout réduire la gravité de la maladie grâce à un traitement de fond pour lutter contre l’inflammation. Or 4 patients sur 10 disent ne prendre qu'un traitement symptomatique alors que 8 médecins sur 10 affirment pourtant prescrire un traitement de fond. Bien souvent, le traitement symptomatique, un inhalateur de bêta-2-mimétique à action rapide, en théorie destiné uniquement à calmer les crises, devient le seul traitement que beaucoup de patients utilisent régulièrement.
Ils sont 34% à avouer ne pas prendre parfois leur médicament pour le traitement de fond. Plus de la moitié de ces patients déclarent l’oublier et 38% d’entre eux le négligent lorsqu’ils se sentent bien. Les médecins sont quant à eux plus sévères :ils estiment qu’1 patient sur 2 n’observe pas toujours son traitement.
De ce fait, les médecins remarquent qu'à côté des consultations pour renouvellement de prescriptions, ce sont les recrudescences des crises (60% des citations) et l'aggravation des symptômes (51% des citations) qui motivent les consultations. Rappelons que le traitement de fond de l’asthme poursuit plusieurs objectifs :
- atteindre le contrôle des symptômes et le maintenir
- prévenir la survenue des épisodes d’aggravation
- maintenir un niveau d’activités aussi proche que possible de la normale, y compris l’exercice physique
- préserver la fonction respiratoire
- assurer une bonne qualité de vie
- prévenir la mortalité due à l’asthme
Et pourtant, celui-ci est parfois négligé par les patients, car les bénéfices immédiats sont moins visibles.
Quelles solutions ?
Ici les patients et les médecins divergent. La priorité la plus souvent citée par les patients est la diminution du nombre de médicaments – parfaitement compréhensible lorsqu’on sait que certains patients doivent prendre jusqu’à 4 médicaments différents par jour.
Le traitement de fond comporte déjà deux types de médicaments à prendre quotidiennement sous forme inhalée, l'un qui agit sur l'inflammation (en général un corticoïde inhalé), l'autre qui agit sur le tonus des bronches (broncho-dilatateur à action prolongée). Cependant, il existe désormais une association de ces deux types de produits au sein d'un même inhalateur.
Pour les médecins, il s’agira avant tout de développer des campagnes d’information (44%), en priorité sur la nécessité du traitement de fond. Selon eux, la principale difficulté perçue dans le traitement de l’asthme est la motivation du patient à poursuivre son traitement de fond (47%) et l’explication qu’il nécessite (37%).
En conclusion, les patients gèrent très bien leur crise et sont satisfaits des traitements qui permettent de les juguler. Mais ils n’observent pas leur traitement de fond, pourtant majoritairement prescrit par leurs médecins. En oubliant ou négligeant leur traitement de fond, les asthmatiques encourent des risques !
Une nouvelle approche de l’asthme : Un traitement qui s’adapte à la variabilité de la maladie
Les patients asthmatiques belges peuvent depuis peu bénéficier d’un nouvel inhalateur qui combine deux médicaments : un broncho-dilatateur qui traite rapidement et durablement les symptômes et un corticoïde qui soigne le fond de la maladie, l’inflammation qui est à la base de l’asthme. Cette association unique permet aux patients asthmatiques d’attaquer leur maladie sur les deux fronts en même temps - les symptômes et l’inflammation des bronches – et de ce fait ne plus négliger leur traitement de fond.A lire également dans nos pathologies: l'asthme
Dernière modification 07/11/2005 Contact