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CONTROLE A LONG TERME DE LA DERMATITE ATOPIQUE

Prof. Thomas Bieber, M.D., Ph.D.
Département de Dermatologie et Allergie, Université de Bonn

La dermatite atopique (DA) est une dermatose inflammatoire chronique touchant 10-15 % des enfants et environ 2-5 % des adultes. Cette affection apparaît le plus souvent au cours de la petite enfance et se caractérise par des éruptions répétées pendant plusieurs années.

La maladie se manifeste essentiellement sur certaines zones dites sensibles qui varient d’un patient à l’autre. Entre ces éruptions, la peau semble presque normale mais il est clair que, chez les patients souffrant de DA, une peau apparemment normale est toujours affectée par une inflammation qui est le terreau de futures éruptions. 

Des recherches récentes ont nettement mis l’accent sur la particularité de l’évolution naturelle de la DA qui comporte au moins 3 phases différentes: 

  1. une phase initiale, définie actuellement comme de l’eczéma (appelée auparavant phase intrinsèque) sans signes de sensibilisation et qui peut durer toute la vie chez 20 à 30 % des patients atteints de DA;

  2. une deuxième phase, définie actuellement comme la véritable DA, avec sensibilisation, qui affecte 70 à 80 % des patients;

  3. une troisième phase qui semble affecter uniquement les patients atteints de véritable DA (c’est-à-dire ceux avec sensibilisation) et est caractérisée par des signes de sensibilisation médiée par IgE à une «self-protein» (autosensibilisation). La dernière phase peut être une variante d’auto-immunité. 

La qualité de vie des patients atteints de DA est profondément affectée. Avec d’autres maladies de diathèse atopique, la DA se révèle un problème très coûteux pour le système de soins de santé de nombreux pays.

De récentes études épidémiologiques ont montré que les jeunes patients souffrant de la forme allergique de la DA sont plus exposés à l’asthme et/ou à la rhinite allergique quelques années après l’apparition de la DA. Par conséquent, la DA est considérée comme la phase initiale de l’évolution dite atopique. Ainsi, comme cela a été suggéré pour l’asthme, on estime maintenant qu’une intervention précoce focalisée sur le contrôle des éruptions et de l’inflammation peut être bénéfique aussi bien en termes de contrôle de la maladie que de l’éventuelle apparition d’asthme et/ou de rhinite. 

Ce type de stratégie peut uniquement être réalisé si au moins 2 conditions sont remplies: 

  1. l’éducation adéquate des parents/patients

  2. l’utilisation d’un traitement topique exempt d’effets secondaires à long terme. 

A cet égard, le tacrolimus topique s’est révélé efficace dans le traitement des éruptions de DA, et des études à long terme ont également démontré son innocuité. 

Depuis son approbation en 1999 au Japon, le tacrolimus topique a été utilisé par plus de 15 millions de patients à travers le monde et aucun effet secondaire grave n’a été signalé à ce jour. 

En outre, des découvertes récentes ont attesté l’absence d’altération mesurable de l’efficacité de la vaccination chez les enfants traités au tacrolimus topique. Aujourd’hui, nous sommes donc en mesure de mettre au point de nouvelles stratégies de gestion de la DA modificatrices de la maladie, basées sur l’utilisation précoce et régulière du tacrolimus topique. 

Cette stratégie peut avoir une implication importante en vue d’un meilleur contrôle de l’inflammation sous-clinique et, partant, nous l’espérons, d’une diminution du risque d’apparition de l’asthme et de la sensibilisation à une «self-protein». Cela représenterait un progrès décisif dans la gestion de cette maladie.

Dernière modification 07/11/2005   Contact