|
|
LES SPECIALISTES EN PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR DEMANDENT UNE AIDE D’URGENCE POUR 2,5 MILLIONS DE PERSONNES SOUFFRANT DE DOULEUR CHRONIQUE EN BELGIQUE
Un traitement correct: une condition essentielle pour rendre la souffrance supportable
En Belgique, près d’une personne sur quatre (presque 2.5 millions de compatriotes) souffre de douleur chronique. Cet énorme groupe de compatriotes positionne notre pays à une consternante quatrième place dans le peloton européen. Ces chiffres sont dramatiques, car sans traitement adéquat, il est même souvent impossible au patient de mener à bien les tâches quotidiennes courantes. Les patients souffrant de douleurs chroniques sont absents de leur travail 16 jours en moyenne en raison de leur douleur. Les douleurs chroniques coûtent ainsi à notre société plus que le cancer et les maladies cardio-vasculaires ensemble.
Le cancer même est aussi une cause importante parce que 20 à 50% des patients cancéreux souffrent de douleurs au moment du diagnostic.
Le gouvernement doit relever un défi de taille. Une politique efficace pour veiller à ce que ces patients puissent mener une vie aussi normale que possible s’impose plus que jamais. Certains signes témoignent d’une prise de conscience croissante dans le chef des autorités publiques, mais concrètement on n’observe guère de changements sur le terrain. C’est la raison pour laquelle des experts en prise en charge de la douleur unissent leurs forces pour exhorter les autorités à s’attaquer au problème sans plus tarder et pour mettre immédiatement en œuvre 3 mesures:
1) un meilleur accès aux centres de traitement de la douleur et la reconnaissance de la nomenclature
2) la reconnaissance de la fonction d’algologie
3) le remboursement d’un certain nombre de moyens pharmacothérapeutiques nécessaires
La Belgique figure dans le groupe de tête du peloton européen en matière de douleurs chroniques
Des études montrent que la douleur ressentie par les patients est vécue comme une dure épreuve. Souvent, ils n’arrivent même pas à mener à bien les tâches ménagères courantes. Et ne parlons même pas de combiner ces tâches avec un travail à temps plein ou à temps partiel. Par conséquent, les coûts économiques engendrés par les douleurs chroniques et qui se traduisent notamment par l’absentéisme (en moyenne 16 jours/an/patient) sont fort élevés.
Les douleurs chroniques (benigne et maligne)diminuent sensiblement les chances de mener une vie heureuse et, bien souvent, rendent dans une large mesure ces gens dépendants de leur environnement. Et quand on sait qu’il faut en moyenne 7,5 années (*) en Belgique pour que les douleurs du patient soient sous contrôle, il est clair que de nombreux Belges sont concernés.
Nécessité d’une politique efficaceUn certain nombre de signes timides des autorités témoignent de bonnes intentions. Ainsi, le gouvernement fédéral a indiqué dans l’accord de gouvernement qu’il allait prêter une grande attention à la lutte contre la douleur et à l’élaboration d’un plan d’action national au cours de cette législature.
De plus, la Commission santé publique de la Chambre a voté le 15 juin une proposition de loi qui garantit à chaque patient des soins axés sur la lutte contre la douleur. En d’autres termes, le médecin est obligé d’écouter la question du patient et d’y répondre et le patient a le droit d’exiger le traitement le plus approprié pour lutter contre sa douleur.
Les spécialistes en prise en charge de la douleur soutiennent ces initiatives, mais constatent en même temps qu’il y a trop peu d’actions concrètes pour transposer ces bonnes intentions dans la pratique à court terme alors qu’un nombre considérable de compatriotes en ont de plus en plus besoin. C’est la raison pour laquelle les spécialistes en prise en charge de la douleur lancent un appel pour élaborer certaines mesures et les mettre en œuvre de toute urgence.
Retard en BelgiqueLa Belgique accuse un certain retard par rapport à d’autres pays européens:
- Il n’y a pas encore des centres de traitement de la douleur reconnus en Belgique. Certains projets-pilotes sont en cours, mais c’est insuffisant à l’heure actuelle. Bien souvent, de nombreux patients souffrant de douleurs chroniques ne savent plus que faire.
- A l’instar des centres de traitement de la douleur, les spécialistes en prise en charge de la douleur ou algologues ne sont pas encore reconnus. C’est également un élément essentiel dans la lutte contre les douleurs chroniques. L’ignorance, les préjugés, le scepticisme et un manque de dialogue sont souvent à l’origine d’un traitement insuffisant. Des algologues agréés peuvent très bien informer les patients et médecins pour chercher des solutions ensemble.
- Apporter plus d’importance aux soins palliatifs
- Certains médicaments qui ont prouvé leur efficacité depuis des années à l’étranger ne sont toujours pas remboursés en Belgique. Pire même, le remboursement de certains médicaments est même refusé. C’est une véritable gifle pour le patient souffrant de douleurs chroniques qui a un besoin urgent de plus d’alternatives remboursées. Dans d’autres pays européens, ces produits sont souvent remboursés depuis longtemps et même intégralement. La Belgique est clairement en retard dans ce domaine.
Revendications des spécialistes en prise en charge de la douleur :
- Les autorités publiques doivent se pencher de toute urgence sur un certain nombre d’agréments ou reconnaissances (centres de traitement de la douleur, algologie, nomenclature)
- Les autorités publiques doivent rembourser d’urgence des médicaments nécessaires. En effet, de nombreux patients attendent des alternatives nouvelles et abordables.
Conclusion :
Cela peut paraître paradoxal mais un patient souffrant de douleur chronique bien traité est moins coûteux pour l’Etat qu’un patient non traité!
Plus d'infos sur la douleur: notre dossier sur la douleur.
Dernière modification 07/11/2005 Contact