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Face à la douleur, une ou plusieurs médecines ?
La douleur est un motif important, sinon le principal motif pour essayer d’autres approches thérapeutiques que la médecine faisant appel aux anti-douleurs. Parmi ces approches, les plus citées sont la kinésithérapie (9%), l’homéopathie (6%), la phytothérapie (4%) et l’ostéopathie (4%). Mais les anti-douleurs restent de loin le premier recours des Belges pour soulager une douleur. C’est ce que montre une enquête commanditée par le Pain Advisory Board et menée à l’occasion de la Semaine Européenne contre la Douleur, qui a lieu cette année du 11 au 16 octobre.
Remplacement ou complément ?60% des Belges considèrent le recours à d’autres approches thérapeutiques comme un complément à la médecine faisant appel aux anti-douleurs et 38% l’envisagent comme un remplacement. Surtout l’acupuncture (51%), l’homéopathie (48%) et l’ostéopathie (46%) sont considérées en remplacement de la médecine ‘traditionnelle’. La kinésithérapie et la psychologie, pour leur part, sont principalement envisagées en complément (71%) de la médecine et des anti-douleurs. L’enquête a en outre montré que parmi tous ceux et celles qui ont pris ou suivi un traitement contre la douleur, 72% ne prennent que des anti-douleurs, 6% sont des alternatifs purs et 15% utilisent plusieurs approches.
Dans 75% des cas, l’initiative de consulter un kinésithérapeute est inspirée par le médecin traitant, alors que le recours à l’homéopathie, l’ostéopathie et l’acupuncture apparaît davantage comme le fruit d’une initiative personnelle ou de l’entourage du patient.
Dans cette optique, le Pain Advisory Board, en collaboration avec les représentants des kinésithérapeutes, ostéopathes, homéopathes et acupuncteurs, entend rappeler l’importance du diagnostic médical dans la prise en charge de la douleur. A partir d’un diagnostic précis et sous contrôle médical, une complémentarité peut s’installer entre les différentes approches thérapeutiques qui soit tout bénéfice pour le patient. Car il est important de prendre en charge efficacement sa douleur avant qu’elle ne s’installe durablement.
« Les anti-douleurs restent le premier recours des Belges, puisque 64% d’entre eux déclarent les utiliser pour soulager une douleur. Mais la part des autres approches est loin d’être anecdotique et mérite d’être envisagée en complément du traitement médical approprié », déclare Hugues Malonne, Président du Pain Advisory Board et pharmacologue à l’Institut de Pharmacie de l’ULB.
Quelle approche pour quelle douleur ?Les anti-douleurs apparaissent comme incontournables pour 68% des Belges quand il s’agit de traiter un mal de tête. Par contre, les approches alternatives ou complémentaires arrivent en tête dans la prise en charge des maux de dos et des douleurs musculaires ou articulaires. Pour les maux de tête, les Belges qui recourent à d’autres approches citent surtout l’homéopathie, l’acupuncture et la phytothérapie. Pour les douleurs au corps, la kinésithérapie et l’ostéopathie arrivent chaque fois en bonne position, bien que les autres approches soient également utilisées.
Pas moins de 78% des personnes interrogées et qui utilisent des approches autres que les anti-douleurs, ont l’intention de continuer à utiliser ce type d’approche. Un tiers des 22% restants ont arrêté parce que le problème était résolu. 88% des personnes recourant à ces méthodes se déclarent plutôt ou très satisfaites.
Parmi les raisons invoquées pour essayer une approche alternative ou complémentaire, figure en premier lieu la quête de plus d’efficacité, surtout pour l’ostéopathie et la kinésithérapie (70%). La moindre nocivité apparaît en deuxième place et score mieux pour l’acupuncture et l’homéopathie (55%), ainsi que dans les maux de tête. En troisième position viennent l’écoute, le suivi et les conseils.
La principale raison d’insatisfaction est l’inefficacité et concerne davantage les maux de tête que les autres douleurs. Les maux de tête apparaissent ainsi comme plus difficiles à traiter.
Comment réagit le médecin traitant ?En demandant l’avis des patients concernant le position du médecin traitant, il est apparu que 15% des médecins ne sont pas informés du fait que d’autres approches sont utilisées. 5% des patients interrogés ont reçu un avis défavorable de leur médecin. Mais dans 49% des cas, la réaction est soit neutre, soit favorable.
Ces chiffres indiquent qu’il ne doit pas exister de vraie barrière à plus de complémentarité entre le médecin et les approches alternatives et/ou complémentaires, pour autant que cela se fasse entre professionnels et sous contrôle médical. Ceci doit constituer un incitatif fort pour le patient d’en parler à son médecin traitant, car il a toutes les chances de rencontrer un réponse neutre ou favorable. Et le médecin pourra dès lors intégrer cet élément dans son dossier et assurer un meilleur suivi médical de son patient.
A propos du Pain Advisory BoardLe Pain advisory Board est une initiative lancée en février 2000 qui vise à rassembler des experts représentant les différentes disciplines médicales et paramédicales confrontées quotidiennement à la problématique de la douleur aiguë. Tous vivent et suivent la douleur de leurs patients avec leurs propres outils mais avec l'objectif d'optimaliser l'efficacité de(s) traitement(s) et leur(s) adéquations à chaque cas.
La mission du PAB est la suivante
• Offrir une information actualisée et de qualité aux professionnels de la santé et au grand public
• Etre la référence en Belgique pour le traitement de la douleur passagère
• Encourager les initiatives visant à mieux informer, à mieux guider toute personne s’intéressant à cette problématique et à mieux prendre en charge les patients sujet aux douleurs passagères.
Pour plus d’informations sur le PAB, surfez sur www.painadvisoryboard.org
CONCLUSIONS DE L’ENQUÊTE
Les remèdes utilisés pour soulager une douleur
- 64% des personnes interrogées ont utilisé un médicament antidouleur au cours des douze derniers mois
- 9% ont eu recours à la kinésithérapie, 6% à l’homéopathie, 4% à la phytothérapie et 4% à l’ostéopathie
- 1% a eu recours à l’une des approches suivantes : acupuncture, psychologie, massothérapie, réflexologie, chiropraxie, naturothérapie…
49% des personnes interrogées ne prennent que des médicaments antidouleur, 4% ne prennent aucun antidouleur et 15% ont recours aux deux méthodes
- D’une manière générale, les utilisateurs des approches alternatives ou complémentaires (y compris la kinésithérapie) sont plutôt des femmes (22% de femmes contre 15% d’hommes), appartiennent davantage aux classes sociales supérieures (22% contre 16% dans les classes sociales inférieures) et habitent plus souvent en zone urbaine (21% contre 17% à la campagne). Ils sont majoritairement francophones (27% contre 13% de néerlandophones)
- Il n’y pas de différences majeures entre le profil des utilisateurs d’anti-douleurs et celui de l’échantillonnage représentatif de la population belge.
Les différences de profils entre la kinésithérapie et les autres approches
- Les utilisateurs de médecines alternatives ou complémentaires sont plus souvent des femmes
- Le pourcentage d’hommes et de femmes qui recourent à la kinésithérapie est égal
- Les utilisateurs de médecines alternatives ou complémentaires sont plus jeunes et davantage actifs que les utilisateurs de kinésithérapie
- Les utilisateurs de médecines alternatives ou complémentaires sont plus souvent issus des classes sociales supérieures. La classe sociale n’a pas d’influence marquée sur le recours à la kinésithérapie
Les différents types de douleurs
En cas de maux de tête, 68% des personnes interrogées déclarent prendre des anti-douleurs et 19% recourent à des approches alternatives ou complémentaires (plus spécialement la phytothérapie, l’homéopathie ou l’acupuncture)
En cas de maux de dos, 25% prennent des anti-douleurs et 36% font appel à d’autres approches (plus spécialement l’ostéopathie, la kinésithérapie et l’acupuncture)
En cas de douleurs aux membres supérieurs ou inférieurs, 27% prennent des anti-douleurs et 39% font appel à d’autres approches (plus spécialement la kinésithérapie et l’ostéopathie)
Intention de poursuivre
78% des personnes qui ont utilisé d’autres approches que les anti-douleurs déclarent avoir l’intention de continuer à utiliser ce type d’approche alternatif ou complémentaire. Un tiers des 22% restants déclare par ailleurs que le problème est résolu.
Satisfaction
- 88% des personnes interrogées trouvent ce type d’approche satisfaisant (très satisfait ou plutôt satisfait), 6% se déclare plutôt pas satisfait et 3% pas satisfait du tout. L’ostéopathie et la kinésithérapie ont de très bons taux de satisfaction, surtout dans la prise en charge des maux de dos et des douleurs musculaires et articulaires.
- Les principales raisons de satisfaction invoquées sont l’efficacité (69%) et la sécurité (8%). A l’inverse, la principale raison d’insatisfaction est un manque d’efficacité. Le mal de tête semble un facteur d’insatisfaction par rapport à l’approche utilisée.
Complément ou remplacement ?
- 60% des personnes interrogées envisagent ce type d’approche en complément de la médecine faisant appel aux anti-douleurs (71% pour la kinésithérapie et la psychologie). Cette complémentarité concerne plus particulièrement les maux de dos et les douleurs musculaires et articulaires.
- 38% des personnes interrogées envisagent ce type d’approche en remplacement de la médecine traditionnelle. Cette conception vaut plus souvent dans les cas des médecines non-conventionnelles : acupuncture (51%), homéopathie (48%) et ostéopathie (46%).
Parmi ceux qui n’ont pas été orienté par leur médecin, 19% se déclare encouragé par son médecin, 30% l’estiment neutre et 5% défavorable. Dans 15% des cas, le médecin n’est pas au courant. 31% ne se prononce pas ou reste sans réponse.
Sources d’influence
- 50% des personnes qui ont recours à ces approches ont été orientées par leur médecin traitant (et 75% des personnes qui ont recours à la kinésithérapie). La principale motivation attribuée au médecin par le patient est de vouloir traiter la cause en profondeur (27%)
- 24% des personnes interrogées déclarent avoir été orientées par leur entourage et 24% parle d’une initiative personnelle.
- Une minorité (4%) a été influencé par le pharmacien
Dans le cas de la phytothérapie, l’homéopathie, l’acupuncture et l’ostéopathie, ils s’agit bien plus souvent d’une initiative personnelle ou d’un conseil de l’entourage. Le médecin ne renvoie donc que peu souvent auprès des spécialistes des approches alternatives ou complémentaires.
Les raisons personnelles
- La principale raison invoquée pour recourir aux approches autres que les anti-douleurs est la quête d’une plus grande efficacité (64%). Cette démarche vaut plus particulièrement pour l’ostéopathie et la kinésithérapie (70%).
- Dans 34% des cas, une moindre nocivité est citée parmi les raisons, et plus particulièrement pour l’acupuncture et l’homéopathie.
- 15% des personnes interrogées ont encore déclaré être à la recherche d’un meilleur suivi, d’une meilleure écoute et de plus de conseils.
Source: une enquête de l'INRA commanditée par le Pain Advisory Board
Mis en ligne le 09/10/2004 - Dernière modification 07/11/2005 Contact