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Dossiers

Seul face à la douleur.

37% se sent isolé face à la douleur !

8% des personnes interrogées ne parlent jamais de leur douleur 
20% n’en parlent pas à leur médecin

L’enquête que le Pain Advisory Board a menée à l’occasion de la Semaine contre la Douleur révèle que trop de patients atteints de douleurs chroniques souffrent en silence. Les patients invoquent la solitude, l’incompréhension et l’absence d’écoute pour expliquer leur mutisme. 75% des personnes interrogées affirment souffrir tous les jours et 55% depuis plus de 5 ans. 

« Nous devons lutter contre cette situation » commente Jet Van Hoek, Présidente du PAB. « La douleur chronique est néfaste pour l’organisme, elle mine la santé mentale du patient et atteint également son entourage. Il faut la considérer comme une maladie qui doit être prise en charge, afin d’éviter l’apparition de complications aussi sévères qu’inutiles. »

Pendant la Semaine contre la Douleur qui a eu lieu du 17 au 21 octobre, le PAB a organisé une enquête nationale sur les douleurs cachées par téléphone et Internet. Les personnes atteintes de douleurs persistantes étaient invitées à s’exprimer sur la fréquence et la durée de leur douleur, le type de douleur, leur attitude ou sentiment face à la douleur, les conséquences, etc. Le but de l’enquête était de sensibiliser la population et de rassembler des informations permettant une meilleure compréhension des douleurs cachées.

Ainsi, 8% des personnes interrogées ont déclaré ne parler à personne de leur douleur et 20% ne pas en parler à son médecin. Les raisons invoquées pour ne pas en parler sont les suivantes : 
- 37% se sent isolé face à la douleur (manque d’écoute, incompréhension…)
- 31% ne veut pas déranger son entourage
- 13% banalise sa douleur
- 9% craint la réaction des autres
- 9% invoque une fierté personnelle
« Ces résultats montrent que beaucoup de patients ont peur de s’exprimer, » commente Francis Grandjean, responsable de l’enquête. « Ils ressentent le besoin de partager leur douleur, mais Ils ont en même temps le sentiment de n’avoir personne à qui vraiment parler. Beaucoup d’appels ont ainsi duré plus d’une demi-heure. »

Les principales conséquences citées concernaient le moral (26%), les loisirs (24%), la vie affective (19%), les relations avec les autres (16%) et le travail (15%). En même temps, 21% des personnes interrogées déclaraient accepter leur état. 

Une situation sévère

Lorsque la douleur s’installe et perdure au-delà de trois à six mois, elle devient elle-même une maladie avec des mécanismes propres (neurophysiologiques, psychologiques...) et des phénomènes comportementaux spécifiques. Cette douleur est dévastatrice, nocive et peut conduire à la dépression. Elle a un impact sur la vie quotidienne, sociale, familiale et professionnelle du patient et nécessite une approche interdisciplinaire proposée notamment dans les cliniques de la douleur. 
« La douleur qui se prolonge est inutile et a des effets nocifs sur la santé. On sait par exemple qu'elle représente un stress qui a pour effet de diminuer nos défenses naturelles et donc d'augmenter le risque de complications » commente le Dr Etienne Pellegrims. « Pourtant, les moyens d’agir contre la douleur ont considérablement augmenté. Pour mettre en place un traitement, la première condition est bien sûr d’en parler, d’exprimer sa douleur et de ne pas l’accepter comme une fatalité. » 

A propos du Pain Advisory Board

Le Pain advisory Board ( www.painadvisoryboard.org ) est une initiative lancée en février 2000 qui vise à rassembler des experts représentant les différentes disciplines médicales et paramédicales confrontées quotidiennement à la problématique de la douleur. Tous vivent et suivent la douleur de leurs patients avec leurs propres outils dans l'objectif d'optimaliser l'efficacité de(s) traitement(s) et leur(s) adéquations à chaque cas.

Mise en ligne le 26/10/2005 - Dernière modification 07/11/2005   Contact