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L'allergie à l'euro: une cabale contre l'europe?

Suite à notre dossier sur l'allergie à l'euro du 14 février 2003, nous souhaitons ici vous apporter quelques précisions.

L’introduction de l’euro diminue par quatre les quantités de nickel transférées lors de manipulations. Une pièce manipulée de façon compulsive n’induit aucun risque. 

Un article publié dans le denier numéro de la revue Contact Dermatitis qui fait autorité en matière de risques dermatologiques liés à l'environnement et aux activités professionnelles démontre que cette contamination est préexistante, et non pas provoquée directement par la manipulation elle-même. 

Le frottement dû à la manipulation transfère sur les doigts des composés métalliques solubles mais aussi des micro-particules d’alliage qui ne se dissolvent que lentement. Ce "réservoir" de contamination peut être supprimé par un essuyage et quantifié par l'analyse chimique des composés métalliques recueillis à cette occasion. 

"Dans un article publié dans la revue Contact Dermatitis (vol.48, pp.181-188, 2003), Paul-Guy Fournier (à droite) et Thomas Govers (à gauche) démontrent que les pièces de 1 et de 2 euro ne présentent pas de risque particulier vis à vis de l'allergie au nickel."

Une pièce ainsi nettoyée ne transfert pas de contaminant ce qui explique la non observation d’allergie liée à la manipulation compulsive d’un objet. Ces mesures montrent clairement que les pièces de 1 et 2€ se comportent comme toute autre pièce à base d'alliages de nickel. Rien n'indique, en particulier, que ces deux pièces présentent plus de risque que celles constituées de cupronickel (75% cuivre, 25% nickel) qui sont aujourd'hui encore monnaie courante aux Etats Unis, en Suisse, au Royaume Unis, ainsi que dans de nombreux autres pays.

Le sujet reste d'actualité médiatique anti-européenne ainsi qu'en témoigne par exemple l’un des messages que vous trouverez à l'adresse internet ci-dessous:
http://www.healthscout.com/template.asp?page=newsDetail&ap=1&id=512177 . Tous ces messages commencent par « itching for a change » comme si l’on voulait décourager les touristes anglo-saxon à venir en Europe. On rappelle que déjà, les risques allergiques avaient été utilisés par un parti politique pour contrer l’adhésion d’un pays à l’europe. Ces messages se référent à une étude, qui vient d’être présentée par l’institut Psorisol à un congrès international à Denver. Cette étude montre que les pièces de 1- et 2€, utilisées comme "patch tests" (c’est à dire collées de façon étanche à l’aide d’un sparadrap pendant deux jours contre la peau) provoquent plus de réactions allergiques que les pièces sans nickel. C’est un résultat connu mais ce que l'étude "oublie" de mentionner, c'est que l'on obtient le même résultat avec toute autre pièce de monnaie qui contient du nickel, qu'il s'agisse du franc suisse, du "quarter" américain, de la livre sterling, ou de l'ancien mark allemand. Cela avait déjà été qualitativement et clairement démontré il y a un an déjà par Aberer et Kränke (W. Aberer, B. Kränke, British J. Dermatology 146, 155 (2002)). 

Le laboratoire de spectroscopie de translation (STRIM) de Paris, en collaboration avec le service médical de l’université Paris sud dans une série de mesures quantitatives, non encore publiées et actuellement soumises à référés, confirment quantitativement les observations d’Aberer. Ils montrent aussi qu’il faut manipuler plusieurs centaines de pièces pour atteindre des concentrations allergènes en milieu ouvert.

En visitant les pays de l'Union monétaire, ceux, parmi leurs citoyens, qui sont allergiques au nickel, bénéficieront du fait que seules deux des huit pièces de monnaie en circulation contiennent ce métal. Au vu des données de ces études, nous sommes en droit de penser que l'euro allergie propagée par quelques milliers de pages Web et d’articles qui sonnent l'alerte à l'euro, n'a manifestement pas grand chose à voir avec le seul souci de santé publique.

Source: article publié dans la revue Contact Dermatitis (vol.48, pp.181-188, 2003), Paul-Guy Fournier et Thomas Govers  démontrent que les pièces de 1 et de 2 euro ne présentent pas de risque particulier vis à vis de l'allergie au nickel

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Dernière modification 07/11/2005   Contact