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Campagne nationale d’information sur l’ostéoporose : 
Une épidémie silencieuse dont il faut parler !


82% des femmes de 50 ans et plus victimes d’une fracture ne font pas le lien avec l’ostéoporose *, c’est ce que révèle aujourd’hui l’Association Belge des patients Ostéoporotiques (AB0)
(*enquête auprès de 500 femmes belges de 50 ans et plus menée par l’INRA au mois de mars 2003)

L’ostéoporose est responsable d’innombrables fractures chaque année en Belgique, dont 13.000 de hanche à elle seule. Et les plus âgés ne sont pas les seuls concernés. Dès la cinquantaine cette affection guette : une femme ménopausée sur 3 est victime d’une fracture liée à cette "maladie des os fragiles". Quelles sont les causes de cette perte osseuse ? Comment diagnostiquer cette maladie invisible avant la fracture ? Comment la prévenir et la traiter ? Toute une série d’informations clés et injustement méconnues, voici ce que propose à partir d’aujourd’hui l’Association Belge des Patients Ostéoporotiques à travers une campagne nationale d’information.

En Belgique, environ 600.000 femmes souffrent d’ostéoporose, mais seulement 50% d’entre elles le savent ! Et même victimes de fractures, les femmes de 50 ans et plus ne sont que très rarement orientées vers un dépistage de l’ostéoporose. La majorité continuera à ignorer la véritable cause de cet accident!

Face à ce constat, l’ABO a voulu en savoir plus sur les connaissances actuelles et les comportements face à l’ostéoporose en Belgique via une enquête menée par l’INRA auprès de 500 femmes de plus de 50 ans et en milieur hospitalier – 64 hôpitaux - pour la prise en charge des fractures.

Excellente notoriété, mais connaissance limitée de la maladie

Selon l’enquête, 93% des femmes de plus de 50 ans connaissent aujourd’hui le terme « ostéoporose » et en donnent une bonne définition ; au total 70% parlent de manque de calcium et de faiblesse osseuse. Mais seulement 3% d’entre elles relient l’ostéoporose à la ménopause.
Même constat lorsque l’on parle des conséquences de la maladie ; 54% des femmes interrogées parlent de fracture, qui est souvent le premier signe clinique de l’ostéoporose. Par contre, les lourdes conséquences sur la qualité de vie restent peu connues : seulement 10% parlent de douleur, 5% de manque de mobilité et de difficulté à marcher, et 2% de chutes de plus en plus nombreuses.
Au niveau des traitements, 30% d’entre elles citent un supplément, le calcium un supplément nécessaire mais qui ne constitue pas un traitement contre l’ostéoporose. Mais le pourcentage le plus élevé reste celui des femmes qui ne connaissent aucun traitement (39%). Or de nombreux traitements efficaces existent de nos jours.

Les femmes de 50 ans et plus ne parlent pas d’ostéoporose avec leur médecin

Malgré le score élevé de connaissance du terme « ostéoporose », c’est une maladie dont elles ne discutent pas avec leur médecin : seulement 41% des femmes interrogées de plus de 50 ans en ont effectivement parlé à leur médecin.
Même après une fracture, une femme sur deux n’a pas discuté du risque d’ostéoporose à son médecin. 
Par contre après une densiométrie qui mesure la densité osseuse, les femmes de 50 ans et plus sont plus nombreuses à en parler à leur médecin (72%).

1 femme sur 4 souffrant d’ostéoporose ne reçoit pas de traitement.

L’enquête s’est également penchée sur le vécu de ces femmes face aux risques d’ostéoporose. Au sein de l’échantillon interrogé, 22% d’entre elles ont déclaré souffrir d’ostéoporose; parmi celles-ci, 1 femme sur 4 n’est pas traitée. 

La prise en charge des fractures à l’hôpital

L’enquête menée parallèlement auprès de 64 hôpitaux en Belgique a révélé - que 75% d’entre eux n’avaient pas de lignes de conduite – protocole – pour l’ostéoporose malgré le nombre élevé de fractures – 107 - admises aux urgences par mois. 
A noter également que parmi les spécialistes responsables des fractures, 46% pensent n’avoir pas de rôle à jouer en matière de prévention, d’où l’importance pour le patient d’en parler avec son médecin.

La difficulté de l’ostéoporose : une menace insidieuse


Une maladie longtemps silencieuse

La difficulté de la pathologie ostéologique est qu'il s'agit d'une maladie longtemps silencieuse et que, lorsque les fractures surviennent, il est plus difficile d'obtenir une prévention efficace. 

Les symptômes de l'affection apparaissent tardivement par rapport au processus qui entame la présence du calcium dans l'os. Quand ils apparaissent, il est déjà bien tard et l'os s'est éclairci.

On pourrait penser que les douleurs articulaires et les limitations de la mobilité que l'on attribue à l'arthrose en général sont les premiers symptômes de l'ostéoporose. Il n'en est rien. Ces manifestations ne sont en rien imputable à l'ostéoporose.

Son mode de révélation est le plus souvent assez brutal : il s'agit principalement d'une fracture vertébrale, du bassin, du poignet ou de l'avant bras survenues dans un contexte de la vie quotidienne, sans grande contrainte sur l'os lésé. 

Ca n'est que beaucoup plus tard dans l'évolution de l'ostéoporose que la douleur ou les déformations surviendront. Quelques autres signes s'y ajoutent, conséquences des fractures, tels les douleurs neurologiques dues à la compression d'un nerf de la moelle épinière par exemple.


L’outil de dépistage : la densiométrie ou dentistométrie osseuse

On conçoit alors l'enjeu d’un outil de dépistage des sujets à risque qui permettrait de mesurer la densité minérale osseuse (dont on sait que la diminution est un facteur de risque majeur de fracture) et d'envisager une stratégie de prévention capable de prendre en compte l'évolution de la masse osseuse au cours de la vie. Grâce aux études épidémiologiques, l’OMS a établi un seuil à partir duquel le risque est considéré comme élevé, seuil obtenu par des techniques d'ostéodensitométrie, c'est-à-dire de mesure de la masse et/ou de la densité osseuse.

La technique la plus couramment utilisée est celle dite d'absorptiométrie biphotonique aux rayons X (DEXA, Dual energy Xray Absorptiometry), qui permet, sur la colonne vertébrale et la hanche, par un examen court et précis, une irradiation faible et une reproductibilité satisfaisante. densitométrie osseuse à rayons X.

Facteurs de risque de l’ostéoporose

Les études épidémiologiques ont permis d'identifier trois grands facteurs de risque de la pathologie ostéoporotique : les risques d'ordre génétique, nutritionnel et environnemental. Ces risques sont diversement impliqués selon les âges de la vie puisqu'ils sont liés d'une part au capital osseux acquis, d'autre part au rythme de diminution de ce capital.

Facteurs associés à une masse osseuse faible 

Chez la femme âgée, la perte osseuse et les risques de fractures sont très influencés par les facteurs nutritionnels. Ainsi, les carences en calcium et en vitamine D conduisent à une hyperthyroïdie secondaire responsable d'une augmentation de l’activité de remodelage osseux.

En résumé, la carence estrogénique chez les femmes ménopausées constitue le facteur de risque essentiel de la perte osseuse, auquel viennent s'ajouter des facteurs nutritionnels et environnementaux qui, chez la femme âgée, deviennent déterminants dans la survenue de fractures.

La campagne : un numéro utile à retenir

Fort de ces résultats, l’ABO a décidé de mener une campagne d’information qui soit tournée vers l’action afin d’enclencher un dialogue sur les risques d’ostéoporose avec son médecin. Cette campagne consistera en une affiche-publicité et la mise en place d’un numéro gratuit le 0800 24 104 où l’on pourra obtenir tous les renseignements désirés ainsi qu’une brochure d’information. D’autre part, l’ABO organise une permanence téléphonique chaque mardi et mercredi entre 14h00 et 16h00.

« Il est temps de briser le silence sur cette menace silencieuse car aujourd’hui l’ostéoporose est fréquente et source de très grandes souffrances. Grâce à la densiométrie, elle est facile à diagnostiquer et en toute sécurité. Aujourd’hui, elle peut être traitée efficacement. Gagnons du temps sur nos os », commente le Dr Pouliart, Présidente de l’ABO.

Présidente de l’ABO : Docteur Christine Pouliart
Coordonnées : Sint Laureisstraat 85 – 2018 Anvers
Tél : + 32 (0)3 272 52 27 – Fax : + 32 (0)3 216 38 64

Dernière modification 07/11/2005  Contact