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Le point sur le Psoriasis - Les dermatologues belges et les patients plaident en faveur d’une meilleure information et reconnaissance de la maladie 

1 Belge sur 30 souffre de psoriasis, une maladie de la peau chronique, qui peut également toucher les articulations. 

Le psoriasis est une maladie sérieuse, aussi invalidante que le cancer, le diabète ou d’autres maladies sévères. Bien que pouvant apparaître à tout âge, la maladie se déclare généralement entre 15 et 40 ans. Chez environ un tiers des personnes atteintes de psoriasis, on note des antécédents familiaux directs de la maladie, ce qui prouve la présence d’un facteur héréditaire. Si le psoriasis se soigne, il n’existe pas de traitement capable de le guérir. On estime que seuls 50% des malades suivent un traitement. Le psoriasis est particulièrement virulent pendant les mois d’hiver, principalement en raison du manque de lumière et du dessèchement de la peau. C’est précisément dans cette période difficile que les dermatologues belges, en collaboration avec les associations d’aide aux patients, ont choisi de prendre la parole, afin d’apporter une meilleure connaissance de la maladie et mettre fin aux idées reçues qui, elles, ont la peau dure! 

Il est difficile de comprendre les sentiments d’impuissance et de frustration des patients atteints de psoriasis quand on ne souffre pas soi-même des rougeurs provoquées par l’inflammation, des squames et des démangeaisons, symptômes classiques et disgracieux de la maladie”, affirme le Professeur de la Brassinne, dermatologue belge attaché au CHU de Liège. “Il est temps que le public sache que le psoriasis a des conséquences très lourdes sur la vie des patients, tant au niveau physique que psychologique, qui rendent la maladie difficile à supporter.” 

Qu’est-ce que le psoriasis? 

Le psoriasis n’est pas une maladie contagieuse, contrairement à ce que laissent souvent supposer les symptômes physiques. Le psoriasis est provoqué par un disfonctionnement du système immunitaire, responsable d’un renouvellement trop rapide des cellules de la peau. Normalement, l’épiderme se régénère en 28 jours environ. Chez les patients atteints de psoriasis, ce cycle n’est que de 2 à 3 jours. Les fameuses ‘plaques rouges’ du psoriasis sont des lésions dermiques enflammées. Les squames blanchâtres, qui recouvrent souvent les plaques, ne sont rien d’autre que des cellules cutanées mortes mais qui n’ont pas eu le temps d’arriver à maturité. 

Le psoriasis est une maladie chronique, c.-à-d. qu’il réapparaît sans cesse. Il se manifeste sous différents aspects (il existe différentes formes de psoriasis), de sévérité variable, et à différents endroits du corps. Le psoriasis touche très souvent les coudes, les genoux et le cuir chevelu (formes de psoriasis dit vulgaire). Il peut également affecter les plis de la peau (psoriasis inversé), étant alors souvent confondu avec de l’eczéma ou des mycoses. 
Le psoriasis peut également se manifester sous forme de pustules (purulentes). La maladie peut toucher toutes les zones du corps. Le psoriasis généralisé (sur tout le corps sans réserve de peau normale), qui constitue la forme la plus grave de la maladie, nécessite l’hospitalisation. 

“Le psoriasis est une maladie très visible. Le ‘regard des autres’ va de l’incompréhension au dégoût”, affirme Jules Leroux, du GIPSO (Groupe d’aide à la recherche et à L’Information sur le PSOriasis). “Le psoriasis accompagne la personne atteinte durant toute sa vie. Chez certains patients, la maladie disparaît parfois temporairement. Le patient ne sait pas quand se produira la nouvelle crise, il sait seulement qu’elle se reproduira, immanquablement… Cette incertitude, ainsi que l’incompréhension d’autrui et les symptômes, très lourds, affectent l’image de soi et la qualité de vie. C’est dans son rôle d’entraide et de solidarité qu’une association de patient trouve sa raison d’être.” 

Différentes études ont montré que beaucoup de patients atteints de psoriasis souffrent de dépression. D’après des chiffres nord-américains, le taux de suicide est trois fois plus élevé chez les personnes atteintes de psoriasis que dans le reste de la population. 

Si le psoriasis se soigne, il n’existe pas de traitement capable de le guérir 
Si le psoriasis ne se guérit pas définitivement, il existe néanmoins des traitements capables de réprimer les symptômes et d’en contrôler les poussées. On distingue trois types de traitements: les traitements locaux (appliqués sur la peau), les traitements aux UV-A ou aux UV-B et les traitements systémiques (prise orale de médicaments). Ces traitements peuvent également être combinés entre eux. 

Il n’existe pas de traitement standard contre le psoriasis: le traitement est établi ‘sur mesure’ pour chaque patient, selon la gravité, le type de psoriasis et les zones affectées,” déclare le Professeur Naeyaert, dermatologue attaché à l’UZ de Gand. “Le traitement topique est le plus fréquemment prescrit. Il vise surtout à décaper les lésions et à freiner l’accélération du renouvellement de la peau durant les premières semaines. On passe ensuite à un traitement visant à maintenir un cycle normal de renouvellement de la peau.” 

Les deux principaux composants dans le traitement topique du psoriasis sont les corticostéroïdes et les dérivés de la vitamine D3. 
o Les corticostéroïdes diminuent les rougeurs et l’inflammation de la peau (sous forme d’onguent, crème ou de lotion) 
o Les dérivés de la vitamine D3 normalisent la division cellulaire au niveau de la peau. (sous forme d’onguent, de crème ou de lotion pour le cuir chevelu). 
Durant les premières semaines, les traitements locaux sont administrés selon divers schémas: les corticostéroïdes en semaine, la vitamine D3 le week-end, ou respectivement le matin et le soir. Après quelques semaines, la vitamine D3 est utilisée en monothérapie. 

La plupart des patients, lassés d’un traitement trop intensif, cessent d’appliquer le produit après quelques semaines,” ajoute le Professeur Naeyaert. “Il ressort de différentes études que les patients parviennent à retarder l’apparition de nouvelles crises en n’interrompant pas la prise de la vitamine D3 prescrite. Dans la pratique, toutefois, on constate une mauvaise compliance au traitement chez la plupart des patients.” 

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Mise en ligne: le 30/01/2004 - Dernière modification 07/11/2005   Contact