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Transplantation: une avancée dans le transport d'organes.

Du don à la transplantation

Petite histoire de la transplantation

  La première greffe date de 1933. Il s’agit d’une greffe de rein faite à partir d'un donneur décédé et réalisée par le Dr Voronoy, à Khersov dans l’ancienne Union Soviétique. En 1955, Dr. J. Murray et ses collègues du Peter Bent Brigham Hospital à Boston aux Etats-Unis, réussissent la première transplantation de rein entre frères jumeaux. L’ère de la transplantation avait commencé. Aujourd’hui, la transplantation est une procédure de routine, pour beaucoup de patients la dernière chance de survie ou la dernière chance pour mener une vie normale. Son succès est actuellement tel que le nombre d’organes prélevés ne suffit plus à satisfaire la demande. 

Système légal

Si l'on excepte le petit nombre de malades susceptibles de recevoir un organe, ou une partie d'organe d'un donneur vivant, la grande majorité des candidats à la greffe doit attendre un organe de cadavre. La loi belge en la matière (Loi du 13 juin 1986 sur le prélèvement et la transplantation d'organes) est basée sur le principe du « qui ne dit mot consent » en ce qui concerne les prélèvements post-mortem. Elle stipule qu'une autorisation de prélèvement ne doit pas être demandée à la famille d'un donneur et s’applique à tout belge qui a son domicile en Belgique et tout étranger qui a élu son domicile en Belgique (inscrit au Registre des Etrangers) depuis plus de 6 mois - excepté s'il est établi qu’une opposition a été exprimée auprès du Registre National. La situation n’est pas la même dans les autres pays appartenant au réseau d’Eurotransplant : 

Pays

Système légal

Autriche

Consentement présumé

Belgique

Consentement présumé

Allemagne

Approbation nécessaire

Luxembourg

Consentement présumé

Pays-Bas

Approbation nécessaire

Slovénie

Consentement présumé


Si l’impact de la loi en Belgique se fit ressentir rapidement de manière positive, beaucoup de donneurs potentiels ne sont pas utilisés, soit parce que les équipes soignantes n'ont pas envisagé le prélèvement, soit parce qu'il y a eu opposition au prélèvement de la part de l'intéressé de son vivant ou de ses proches au moment du décès (environ 2% de la population). Contrairement à ce qu’on pense généralement, la majorité des donneurs ne sont pas identifiés suite à des accidents de route mais lors du décès de patients à l’hôpital. 

Procédure de transplantation

La Belgique fait partie du réseau Eurotransplant. Etabli en 1967, Eurotransplant International Foundation est une organisation à but non lucratif qui coordonne l’échange international en matière de dons d’organes. Actuellement, six pays font partie d’Eurotransplant (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, l'Allemagne, Autriche et Slovénie). De plus, Eurotransplant soutient la recherche scientifique dans le but d’améliorer de résultats de transplantation. 

La procédure de l’extraction d’organes et de la transplantation généralement appliquée en Belgique peut être résumée comme suit: 

1. Identification du donneur et certification de la mort cérébrale du donneur
En cas d'identification d'un donneur potentiel, il est obligatoire de consulter le Registre National pour savoir si la personne décédée avait exprimé une volonté particulière de son vivant.
La mort cérébrale du donneur est évidemment condition sine qua non. Pour déterminer la mort cérébrale, il y a des critères cliniques et paracliniques stricts. Aussi, le décès du donneur doit être constaté par trois médecins, à l’exclusion de ceux qui traitent le receveur ou qui effectueront le prélèvement ou la transplantation. 

2. Soins procurés au donneur 
Le corps du donneur doit être suivi médicalement. Une assistance respiratoire est indispensable puisqu’il n’y a plus de fonction respiratoire autonome. L'électrocardiogramme, la pression artérielle et la pression veineuse centrale sont suivis de façon continue. Une surveillance métabolique et de la température sont également mises en place.

3. Préparation d’informations requises pour évaluer le donneur et l’organe
Il s’agit de rassembler des informations générales et médicales sur le donneur et sur l’organe proposé pour une transplantation. Ces informations sont nécessaires pour déterminer la qualité de l’organe. 
Ces informations sont communiquées à l’organisation Eurotransplant qui procède alors à la sélection du patient receveur approprié (sur base de critères objectifs tels que médicaux, géographiques et autres). Eurotransplant contacte le médecin du patient receveur qui, sur base des données reçues, accepte ou non l’organe. 

4. Surveillance médicale du donneur avant et pendant le prélèvement 
La surveillance médicale du donneur continue jusqu’à ce l’organe a été prélevé. 

5. Enlèvement de l’organe
L’organe est prélevé et préparé pour le transport vers l’hôpital du receveur. Le prélèvement est effectué dans les mêmes conditions qu’une opération chirurgicale classique. L’aspect extérieur du corps est respecté et les rites funéraires peuvent avoir lieu selon les désirs de la famille.

Dans le cas de la transplantation d’un rein, tout le processus doit être réalisé endéans des 24 heures. 

En pratique, en Belgique, on trouve huit centres de transplantations (trois à Bruxelles, un en Wallonie, et quatre en Flandre). A chaque centre est associé (de manière informelle) un réseau d’hôpitaux. Chaque centre de transplantation nomme un coordinateur de transplantation qui coordonne les flux de communication et d’information lors de l’identification d’un donneur. Si un donneur potentiel est identifié, l’hôpital du donneur contacte le centre de transplantation correspondant et fournit les informations demandées. Le coordinateur de transplantation entre alors en contact avec Eurotransplant. Si un receveur a été identifié par Eurotransplant et l’organe est accepté, le centre de transplantation envoie alors une équipe médicale pour le prélèvement de l’organe. Ce dernier est alors transporté jusqu’à l’hôpital receveur. 

Le transport d'un organe 

Depuis la première greffe réussie en 1933, on transplante régulièrement des organes tels que le cœur, les poumons, le foie, le pancréas et – intervention la plus courante – les reins. La greffe de reins est l’une des principales thérapies des affections rénales et elle constitue souvent la dernière chance pour de nombreux patients. Dans le seul BeLux, plus de 800 personnes étaient sur liste d’attente en 2003 pour une transplantation rénale. Sur ce nombre, 443 personnes seulement ont reçu un nouveau rein (1). 

« La transplantation est souvent la dernière chance pour les patients pour mener une vie normale. Comme d'autres pays européens, la Belgique a avalisé le principe du consentement présumé. Grâce à ce principe, la Belgique est parmi le top 5 du monde avec statistiquement 23,9 donneurs par million d'habitants. Malheureusement, suite à une demande qui continue de s'accroître, aussi en Belgique, nous assistons à une pénurie d'organes" déclare le Dr Y. Vanrenterghem (President of Eurotransplant; Universitair Ziekenhuis Gasthuisberg, Leuven).

Du don à la transplantation 

En Belgique, toute la procédure commence par la récupération d’un rein auprès d’un donneur. Il existe plusieurs types de don d’organes : 

Les donneurs les plus courants sont les donneurs cadavériques en état de mort cérébrale. Les donneurs à cœur non-battant constituent une importante source potentielle d’organes, mais ils ne représentent aujourd’hui qu’une faible part en raison des dommages causés au tissu biologique suite à l’arrêt cardiaque, ce qui rend souvent l’organe inutilisable pour une transplantation. 

Avant le prélèvement, le donneur est analysé selon des caractéristiques définies et des tests sont effectués afin de dépister certaines maladies. Ces résultats sont envoyés à Eurotransplant qui identifie le receveur le plus approprié sur la liste d’attente existante, en respectant de critères stricts. Si le médecin du receveur donne son accord, l’organe est alors transporté à l’hôpital du receveur pour être transplanté. Dans le cas d’une transplantation rénale, toute la procédure doit être bouclée en 24 heures. En outre, dans le cas d'un donneur à cœur non-battant et d’un stockage d’organe statique traditionnel (bac à glace), le temps écoulé entre l’arrêt cardiaque et la récupération de l’organe doit être très court : un rein ne peut survivre que 30-45 minutes dans un corps mort (à cœur non-battant). 

Si traditionnellement l’organe est simplement déposé dans un bac à glace.  Un nouveau système (LifePort™ Kidney Transporter) constitue une alternative au traditionnel «bac à glace» (méthode statique d’entreposage d’organe) en améliorant nettement les conditions de transport et le soin des organes à transplanter.  

Le LifePort™ Transporter consiste en un système sophistiqué fournissant une température et une pression constantes et contrôlables combinées à une perfusion utilisant une solution tampon physiologique appropriée. L’organe est mieux préservé dans sa structure et sa fonction et par conséquent, il peut offrir un fonctionnement complet plus rapide de l’organe après la transplantation.

Des études ont révélé que la machine à perfusion, comme l’offre le nouveau système, augmente le nombre d’organes disponibles pour la transplantation. Elle permet en effet une utilisation plus large d’organes y compris ceux prélevés sur des donneurs "à cœurs non-battants", un type d’organe souvent rejeté en cas d’utilisation des "bacs à glace"» traditionnels. Des études tendent à indiquer que la perfusion d’organes par une machine avant la transplantation améliore également le fonctionnement de la greffe dans le corps du receveur et contribue ainsi à réduire les coûts généraux de traitement, avec à la clé un effet positif sur le budget de santé publique. 

Note sur l’impact psychologique d’une greffe
Le retentissement psychique d'une transplantation est inéluctable. Si les patients receveurs demandent rarement une psychothérapie au sens classique du terme, la plupart attend une écoute spécifique de la part d’un psychologue et d’une disponibilité différente de la part de personnel soignant. Ce travail peut être long et demande aussi le soutien de la famille du patient. 

(1) Eurotransplant (organe de coordination gérant les transplantations pour la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Autriche et la Slovénie)

Sources : 
· Eurotransplant
· Don d’organes et transplantation : recueil de procédures en matière de prélèvement d’organes, UCL
· Belgian Transplantation Society
· Organ Recovery Systems, Ltd.

Dernière modification 07/11/2005   Contact