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B.P.C.O.

Des centaines de milliers de Belges sont chaque jour confrontés aux effets de la BPCO. Cependant, cette affection reste sous-diagnostiquée et sous-traitée,” commente le Prof Marc Decramer, président de la Société belge de Pneumologie. En vue de combattre ce fléau à l’échelle planétaire, une association est née à l’initiative des experts du monde entier, la Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease ou GOLD. 

Actuellement, la BPCO est classée par l’OMS au quatrième rang des maladies les plus meurtrières, derrière la crise cardiaque, le cancer et l’accident vasculaire cérébral. Elle a tué 114.381 personnes aux Etats-Unis en 1998. De toutes les principales causes de mortalité dans le monde, la BPCO est la seule à connaître une expansion. Raisons ? La montée du tabagisme dans les pays en développement et son maintien dans les pays industrialisés, et le vieillissement de la population ! Selon les estimations, le taux de prévalence de la BPCO en Chine se situe à 2,6% de la population masculine. Les derniers chiffres du Prof. De Backer,  Chef de service Pneumologie - Université & Hôpital universitaire Anvers, font état de plus de 600.000 patients en Belgique

Qu’est ce que la BPCO ?
Quels sont les symptômes de la BPCO?
Comment diagnostiquer la BPCO?
 
Quels sont les principaux facteurs de risque de la BPCO?
Quelle est la différence entre la BPCO et l’asthme?

TEST BPCO
Traitement de la BPCO

Qu’est ce que la BPCO ?

La BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) est une maladie qui se caractérise par une obstruction progressive mais pas totalement réversible des voies respiratoires; ce rétrécissement des voies respiratoires est généralement progressif et est associé à une réaction inflammatoire pathologique à l’inhalation de particules et de gaz toxiques (GOLD). La BPCO peut être traitée mais ne peut être guérie.

La BPCO inclut la bronchite chronique et l’emphysème. La bronchite chronique est caractérisée par une inflammation chronique et un rétrécissement des voies respiratoires - on observe une altération de la couche protectrice des voies respiratoires et des petits poils qui éliminent les glaires des voies respiratoires. L’emphysème se caractérise par une détérioration progressive des alvéoles pulmonaires et de leurs parois. Les poumons perdent en élasticité et à l’expiration, l’air reste partiellement emprisonné dans les poumons.

Quels sont les symptômes de la BPCO?

Les principaux symptômes de la BPCO sont : 
· La toux (toux des fumeurs, toux chronique)
· Les expectorations
· L’essoufflement

La dyspnée est généralement d’apparition plus tardive, essentiellement liée à l’effort et s’aggravant avec les années parallèlement à la progression de la maladie. 

Les patients ne sont souvent plus en état de vaquer à leurs occupations quotidiennes ou de parcourir même une brève distance. Plus tôt le diagnostic et la décision de traitement seront pris – avec l’arrêt du tabagisme comme absolue priorité, plus le pronostic du patient sera favorable.

Comment diagnostiquer la BPCO?

Un simple test respiratoire, appelé spirométrie, permet de poser le diagnostic avec rapidité et sans douleur. Le diagnostic peut être posé lorsque l’analyse spirométrique montre un VEMS/CV<70%.

VEMS (Fev sec-1)= le débit établi en une seconde ou FEV 1 (Forced Exired Volume 1 second). Le VEMS (Fev sec-1) est le volume expiré maximal par seconde et est mesuré lors d’une expiration forcée. Le patient doit alors inspirer énergiquement et profondément pour ensuite expirer suffisamment longtemps et aussi rapidement que possible. La CV ou capacité vitale est le volume maximal d’air, qui passe par la bouche lors d’une inspiration ou d’une expiration complète. 

Le rapport VEMS/CV est appelé l’index Tiffneau(Tiff %). Cet index reflète le degré d’obstruction des bronches. 

Quels sont les principaux facteurs de risque de la BPCO?

La BPCO touche principalement les fumeurs ou les ex-fumeurs: dans 80 à 90% des cas, le tabagisme demeure la principale cause. En général, il faut au moins 10 années de tabagisme, soit un paquet par jour pendant 10 ans, pour développer une BPCO. Mais tous les fumeurs ne développent pas aussi rapidement une BPCO. Il est généralement établi que plusieurs facteurs génétiques déterminent également le risque de développer une BPCO.

L’exposition à certaines substances chimiques (ex certains solvants) augmente les risques de contracter la maladie et peut renforcer l’effet nocif du tabagisme. 

Quelle est la différence entre la BPCO et l’asthme?

L’asthme est une affection inflammatoire chronique des voies respiratoires qui est caractérisée par des phases périodiques de rétrécissement des voies respiratoires et d’essoufflement. En dehors de ces crises, la respiration du patient asthmatique est normale. 

En cas de BPCO par contre, le rétrécissement des voies respiratoires est permanent. Le sujet connaît une sensation d’essoufflement au quotidien.
 

 

Asthme

BPCO

Facteur de risque

Amétropie

Tabagisme

Apparition

Tout âge

> 40 ans

Cours

Généralement favorable

Progressif

Espérance de vie

Généralement normale

Diminue

Diagnostic

Spiromètre

Spiromètre

Réversibilité après bronchodilatation

Présente

Absente

Fonction pulmonaire

(assez) normale même en cas de suivi optimal

Diminue, même en cas de suivi optimal

TEST BPCO

La Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease (GOLD), un groupe international d’éminents experts luttant avec ardeur pour un diagnostic et un traitement plus efficaces de la BPCO , mène une campagne mondiale de sensibilisation du public, au moyen d’un “questionnaire d’auto-évaluation” composé de cinq questions simples. Si la réponse à trois questions ou plus est affirmative, les patients sont alors invités à consulter un médecin, qui confirmera ou exclura le diagnostic de la BPCO.

L’on suppose en effet que 50% ou plus des personnes atteintes de cette maladie dans le monde ne sont pas diagnostiquées.

En répondant aux questions, il vous est possible de vérifier si vous présentez ou non les signes d’une BPCO.


1. Toussez-vous régulièrement ? Oui ___ Non ___
2. Avez-vous régulièrement des expectorations ? Oui ___ Non ___
3. Etes-vous plus rapidement essoufflé(e) que la plupart des personnes de votre âge ? Oui ___ Non ___
4. Avez-vous plus de 40 ans ? Oui ___ Non ___
5. Etes-vous fumeur ou ex-fumeur ? Oui ___ Non ___

Si vous avez répondu par l’affirmative à trois de ces questions ou plus, consultez votre médecin pour savoir si vous présentez une BPCO et si vous devez effectuer un simple test respiratoire. En cas de dépistage précoce de la BPCO, certaines étapes vous permettront d’éviter l’altération progressive des poumons. Vous vous sentirez dès lors en meilleure forme!

Traitement de la BPCO

Une approche progressive du traitement, fondée sur la gravité de la maladie, est recommandée. Le traitement d'entretien avec des bronchodilatateurs à longue durée d’action est recommandé pour les patients souffrant de BPCO modérée à très sévère.

Les bronchodilatateurs, autrement dit des produits qui dilatent les voies aériennes, sont considérés comme la pierre angulaire du traitement de la BPCO. Les principaux groupes de bronchodilatateurs utilisés dans la gestion de la BPCO comprennent :

Ø Les anticholinergiques (à courte et à longue durée d’action) : ceux-ci agissent en contrariant l'action bronchoconstrictive du système nerveux parasympathique par blocage des récepteurs cholinergiques. Ceci débouche sur la bronchodilatation.

Ø Les béta2-agonistes (à courte et à longue durée d’action) : ceux-ci agissent en stimulant les béta2- récepteurs dans le muscle lisse des voies aériennes, ce qui débouche sur la bronchodilatation.

Ø Les méthylxanthines : la théophylline est l'élément le plus commun de cette catégorie. On a démontré qu'elle était efficace dans la BPCO mais en raison de sa toxicité potentielle, les broncho-dilatateurs inhalés sont préférés.


Les corticostéroïdes inhalés 

Ces médicaments anti-inflammatoires sont utilisés comme thérapie d'entretien initiale pour l'asthme. Dans le traitement de la BPCO, les directives internationales les plus récentes (GOLD 2003) recommandent l'usage des ICS (corticostéroïdes inhalés) uniquement chez les patients gravement atteints avec de fréquentes exacerbations. Les ICS ne sont pas considérés comme appropriés pour le traitement d'entretien de tous les patients BPCO.

Produits d'association

Il existe plusieurs médications aux traitements associés, par exemple ceux qui associent un anticholinergique et un SABA (short-acting beta2-agonist), d'une part, et un LABA (long-acting beta2-agonist) à un stéroïde inhalé, d'autre part. Cette dernière association est uniquement recommandée à un stade sévère de la maladie et uniquement chez des patients aux exacerbations fréquentes.


· Tous les patients souffrant de BPCO peuvent bénéficier de programmes de formation aux exercices dont il a été démontré qu'ils augmentent la qualité de vie et la tolérance à l’effort tout en améliorant les symptômes de dyspnée (essoufflement) et de fatigue. Des programmes de réhabilitation pulmonaire globaux impliquent généralement la formation aux exercices, un support psychologique, des conseils nutritionnels et l'éducation.

En juillet 2003, les recommandations internationales GOLD (Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease, recommandations conjointes de l’OMS et du NHLBI) ont inclus un nouveau traitement de fond de première intention dans la prise en charge de la BPCO : le tiotropium. Ces nouvelles recommandations font suite, entre autres, à une étude menée en Belgique par le Prof. Vincken qui a montré une amélioration sensible de la fonction pulmonaire ainsi qu’une diminution très importante de la dyspnée, du nombre d’hospitalisations et d’exacerbations en comparaison avec un traitement standard. Ces résultats influençant significativement la qualité de vie du patient.  Depuis le 1er mars, le tiotropium est remboursé et accessible à tous les patients Belges atteints de BPCO modérée à très sévère. 

Le tiotropium, bronchodilatateur à longue durée d’action du groupe des anticholinergiques,  est un nouveau traitement de la BPCO à prise journalière unique qui agit par blocage prolongé du récepteur M3. Le tiotropium est unique en raison de son efficacité et de sa durée d'action prolongée assurant une bronchodilatation de 24 heures avec une prise journalière unique.  Le tiotropium vient de recevoir (mars 2004) l’approbation de la FDA. 

« Avec 47% d’hospitalisations en moins avec le tiotropium comparé à un placebo, on peut parler d’une avancée thérapeutique majeure et d’un grand pas dans l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de BPCO modérée à très sévère » commente le Prof. Dr. Vincken de l’A.Z. V.U.B. 

Dans trois études majeures, dont une a été menée en Belgique sous la responsabilité du Prof. Dr. W. Vincken, il a été démontré que le tiotropium améliore significativement la fonction pulmonaire et la qualité de vie des patients et qu’il diminue l’essoufflement et le nombre des exacerbations. (1) (2) (3)

(1)Casaburi et al. Eur Respir J 2002.
(2)Vincken et al. Eur Respir J 2002.
(3)Brusasco et al. Thorax 2003.

GOLD: L’Initiative pour la Bronchopneumopathie chronique obstructive (GOLD) a été établie en 1997, en collaboration avec le National Heart, Lung, and Blood Institute, les National Institutes of Health, USA, et l’Organisation Mondiale de la Santé. L’objectif visé est de travailler conjointement avec les professionnels de la santé et les instances sanitaires officielles du monde entier en vue de favoriser une meilleure prise de conscience de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et de réduire ainsi la morbidité et la mortalité résultant de cette affection pulmonaire.

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Mise en ligne le 21/12/2003 - Dernière mise à jour : 07/11/05