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Quelques maladies transmises aux hommes par les animaux

L'ECHINOCOCCOSE ALVEOLAIRE HUMAINE

1. Qu’est-ce qu’une échinococcose alvéolaire?
2. Quel est le réservoir de ce parasite?
3. Comment contracte-t-on cette maladie?
4. Dans quelles régions la rencontre-t-on?
5. Quels sont les symptômes?
6. Comment poser le diagnostic?
7. Quel est le traitement?
8. Qui peut la contracter?
9. Quel est le principal facteur de risque?
10. Quelles sont les précautions à prendre pour diminuer le risque de contamination?



1. Qu'est-ce qu'une échinococcose alvéolaire?

L'échinococcose alvéolaire humaine est une maladie parasitaire due au développement dans le foie de la larve d'un petit ver (Echinococcus multilocularis). Celui-ci parasite l'intestin grêle de certains carnivores sauvages, en particulier les renards roux, ou de certains carnivores domestiques, tels les chiens et plus rarement les chats. Une fois infectés, ceux-ci éliminent des œufs du parasite. 
Cette maladie est transmise à l'homme si celui-ci ingère des œufs de ce ver, dispersés par les matières fécales de ces animaux.


2. Quel est le réservoir de ce parasite?

Echinococcus multilocularis vit à l’état adulte dans l’intestin grêle des renards ou d’autres carnivores pendant 3-4 mois et durant cette période, ces animaux produisent des milliers d’œufs.
Les œufs (30 à 40 µm) peuvent survivre et rester infectants longtemps dans un milieu extérieur humide et froid; ils survivent à des températures atteignant -18°C.
Les petits rongeurs peuvent s’infecter en ingérant des végétaux souillés par ces œufs. Après ingestion, le rongeur développe au niveau du foie une lésion à multiples alvéoles, renfermant la forme larvaire du parasite.
Les carnivores s’infectent à nouveau en mangeant des rongeurs infectés (Figure 1).



Figure 1 : Cycle du parasite E. multilocularis Source : www.eurechinoreg.org


3. Comment contracte-t-on cette maladie?

L'homme se contamine par ingestion d’œufs de parasites lors de contacts directs avec des animaux infectés ou lors de contacts indirects càd via les excréments de ces animaux, souillants les végétaux. 
L’infection se traduit par l’apparition d’une lésion alvéolée, le plus souvent au niveau du foie. La lésion peut progressivement envahir tout le foie et même produire des métastases au niveau des poumons ou du cerveau.
4. Dans quelles régions observe-t-on l’échinococcose alvéolaire?
Les cas d’échinococcose alvéolaire sont observés dans les zones où le pourcentage de renards porteurs du parasite est élevé.
En Europe, des renards infectés sont observés en zone rurale et urbaine, entre autres dans l’Est de la France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse, en Autriche, … (Figure 2).



Figure 2 : Distribution des renards infectés par le parasite E. multilocularis en Europe (1999)
Source : www.eurechinoreg.org

En Belgique, le pourcentage de renards infectés varie d’une région à l’autre, suivant un gradient décroissant du sud-est au nord-ouest du pays; citons pour exemple en Ardenne 33%, dans le Condroz 13% et en Flandre 2%. La zone endémique (zone à risque d’infections vulpines) est située au sud du sillon Sambre et Meuse, en particulier au niveau du plateau ardennais. 
Sur base des données européennes disponibles en date de la fin 2002, le nombre total de patients atteints en Europe était situé autour de 600, soit un nombre de cas très faible.
En Belgique, depuis 1999, 6 cas ont été détectés. 

5. Quels sont les symptômes de l’échino-coccose?

Il n’existe pas de symptômes typiques permettant de détecter l’infection mais en cours d’évolution, on observe une altération de l’état général avec apparition de symptômes tels douleurs du côté droit de l’abdomen, jaunisse et augmentation du volume du foie.
Cinq à 15 ans peuvent s’écouler entre l’infection et l’apparition des premiers signes cliniques.

6. Comment poser le diagnostic de l’échinococcose?

Le diagnostic peut être posé de façon précoce par la détection des anticorps spécifiques dirigés contre le parasite dans le sang du patient (test remboursé par l’INAMI) et en cas de résultat positif, être ensuite confirmé par imagerie médicale.
Une activité exercée dans une région à risque devrait susciter la recherche systématique et régulière d’anticorps, l’apparition des symptômes étant tardive.

7. Quel est l’attitude thérapeutique face à l’échinococcose?

L’attitude thérapeutique est la suivante : chirurgie radicale de la lésion et/ou traitement médicamenteux. 
Actuellement, il n’existe pas de vaccination contre ce parasite.

8. Qui peut contracter une échinococcose?

La catégorie professionnelle la plus touchée est celle des agriculteurs, des gardes-chasse et des chasseurs. Les personnes ayant des activités ou des loisirs en forêt, ou résidant à proximité de forêts, sont concernées également.
Le développement de l’infection peut être particulièrement rapide dans un contexte d’immunodépression ou de traitement inflammatoire (cortisone ou ses dérivés).
Certaines personnes contaminées ne développent pas la maladie du fait que leur réponse immune empêche le développement du parasite.
Il n’y a pas de contamination entre personnes.

9. Quel est le principal facteur de risque de l’échinococcose?

Le principal facteur de risque de l’échinococcose est l’ingestion d’œufs du parasite suite à :
1. un contact direct avec un animal infecté; en effet, les œufs restent collés au pelage de l’animal, au niveau de son postérieur principalement,
2. un contact indirect : les œufs présents dans les matières fécales peuvent être dispersés et souiller les végétaux et les fruits sauvages ramassés au sol ou à faible hauteur (fraises des bois, myrtilles, framboises, baies, mûres).

10. Quelles sont les précautions à prendre pour diminuer le risque de contamination?

Les précautions mentionnées ci-dessous sont à respecter en zone endémique uniquement, sur le plateau ardennais :



Pour plus d’informations :
Mme G. Ducoffre
I.S.P. - Section d’Epidémiologie
Tél. : 02/642.57.77
Dr B. Brochier 
I.S.P. - Section de Virologie
Tél. : 02/642.55.98
Dr B. Losson
Faculté de Médecine Vétérinaire de l’ U.Lg.
Service de Parasitologie
Tél. : 04/366.40.90
Dr F. Costy
Institut Pasteur de Bruxelles
Service Rage
Tél. : 02/373.31.56

Laboratoire de Référence
Dr Y. Carlier
Faculté de Médecine de l’U.L.B.
Laboratoire de Parasitologie
Tél. : 02/555.62.55
E-mail : ycarlier@ulb.ac.be

Référence et adresse utile 
http://www.eurechinoreg.org 

Cette plaquette est disponible
aux adresses suivantes : 
http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/index8.htm 
(plaquettes informatives)
ou
Mme G. Ducoffre
I.S.P. - Section d’Epidémiologie
Rue J. Wytsman, 14
1050 - Bruxelles
E-mail : g.ducoffre@iph.fgov.be




Janvier 2003
Information sur l’échinococcose alvéolaire humaine 

Institut Scientifique de Santé Publique
(I.S.P.) Section d’Epidémiologie 
en collaboration avec la Communauté française de Belgique
Direction Générale de la Santé l’Institut Pasteur de Bruxelles
et le Laboratoire de Référence  Faculté de Médecine de l’U.L.B.

Dernière mise à jour: 07/11/2005