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Quelques maladies transmises aux hommes par les animaux

HANTAVIROSE 

Sommaire

1. Qu’est-ce qu’une hantavirose?
2. Quel est le réservoir du virus?
3. Comment attrape-t-on une hantavirose?
4. Dans quelles régions rencontre-t-on l’hantavirose?
5. Quels sont les symptômes de l’hantavirose?
6. Quel est le diagnostic de l’hantavirose?
7. Quel est le traitement de l’hantavirose?
8. Qui peut attraper une hantavirose?
9. Quels sont les principaux facteurs de risque de l’hantavirose?
10. Quelles sont les mesures de précaution à pren-dre pour tenter de minimiser les risques d’attraper une hantavirose?

1. Qu'est-ce qu'une hantavirose?

L’hantavirose ou infection à hantavirus est une infection virale transmise à l'homme par l'intermédiaire de diffé-rentes espèces de petits rongeurs. Cette infection fait partie du groupe des “fièvres hémorragiques”.
En Europe, la forme la plus fréquente est la “néphropathie épidémique” (N.E.); elle se présente sous une forme relativement bénigne par rapport aux autres formes d'hantavirose. Les symptômes peuvent parfois être suffisamment sérieux pour nécessiter une hospitalisation.

2. Quel est le réservoir du virus?

Dans nos régions, c'est principalement le campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus - Figure 1) qui est responsable de la propagation du virus. Ce petit rongeur mesure de 8 à 12 cm de long, son dos est brun rouge et ses flancs grisâtres. Il habite les bois feuillus, les broussailles, les lisières forestières, les parcs et pénètre parfois l'hiver dans les maisons.
Figure 1 :

Campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus)Dessin extrait de “Mammals”, livre écrit par M. CLARK, publié par Ha-mlyn Children’s Books, avec la per-mission de reproduction de Heine-mann Educational Books.

3. Comment attrape-t-on une hantavirose?

L'homme se contamine lors de contacts directs ou indirects avec des rongeurs infectés ou leurs excrétions. Les rongeurs infectés ne font pas la maladie mais restent porteurs du virus et peuvent excréter celui-ci durant probablement toute leur vie dans les urines ou les matières fécales.
Les cas d’hantavirose apparaissent lorsque la population locale de rongeurs est abondante et/ou fortement infectée par le virus (Figure 2). 

Figure 2 :

Evolution du nombre de cas par 4 semaines (1996-2003)
Sources : Laboratoire de référence et Laboratoires Vigies

La transmission se fait principalement par la voie respiratoire, par inhalation de particules virales contenues dans les excrétions du rongeur, ou par contact lors d'une morsure par un rongeur infecté. Il n’y a pas de risque connu d'attraper la maladie lors d'un contact avec une personne qui a une hantavirose.

4. Dans quelles régions observe-t-on l’hantavirose?

En Belgique, entre 1996 et 2003, des cas ont été diagnostiqués dans presque tous les arrondissements du pays, en particulier par ordre décroissant d’importance dans ceux de Thuin (N=165) et de Philippeville (N=108), ainsi que dans ceux de Dinant (N=60), Mons (N=59), Neufchâteau (N=54), Soignies (N=27), Marche en Famenne (N=26), Liège (N=24) et à Bruxelles (N=22; Fi-gure 3). 


Figure 3 :

Répartition par arrondissement du nombre de cas (1996-2003)
Sources : Laboratoire de référence et Laboratoires Vigies

5. Quels sont les symptômes de l’hantavirose?

Les symptômes, qui apparaissent en général de façon brutale de 1 à 4 semaines après la contamination, peuvent être les suivants :
· fièvre pouvant atteindre 40°C ou frissons (syndrome grippal),
· maux de tête,
· douleurs musculaires ou dorsales,
· éventuellement troubles de la vision et/ou douleurs oculaires, fugaces mais typiques.

6. Quel est le diagnostic de l’hantavirose?

Le diagnostic est basé sur les symptômes cliniques et les examens de laboratoire (hypoplaquettose). Il doit être confirmé par une recherche dans le sang du patient des anticorps spécifiques dirigés contre le virus.
Les lésions au niveau rénal ne sont souvent mises en évidence que lors d’examens de laboratoire (protéinurie, élévation de la créatinine, etc ...).

7. Quel est le traitement de l’hantavirose?

Dans la majorité des cas, il suffit de traiter la fièvre et les maux de tête, de préférence avec des antalgiques contenant seulement du paracétamol; les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont à éviter. Parfois, les atteintes rénales et pulmonaires peuvent être importantes et le patient doit bénéficier de soins de dialyse et/ou d'assistance respiratoire. Des vaccins sont actuellement en cours de développement, destinés surtout pour les pays où la maladie se présente sous une forme plus grave.
Le pronostic est en général bon et la guérison se produit généralement endéans les 2 à 3 semaines qui suivent l’apparition des premiers symptômes, bien qu’un état de fatigue peut persister longtemps.

8. Qui peut attraper une hantavirose?

La catégorie professionnelle la plus touchée est celle des travailleurs du bois (bûcherons, gardes-chasse, ouvriers-scieurs, etc ...). Les personnes ayant des activités en forêt ou résidant à proximité des forêts sont concernées également.
La maladie est observée plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes. Les enfants en dessous de 10 ans sont rarement atteints. 
Les personnes qui ont déjà fait une hantavirose ne risquent pas de refaire la maladie car elles conservent dans le sang des anticorps qui les protègent contre une nouvelle infection par le virus.

9. Quels sont les principaux facteurs de risque de l’hantavirose?

Les principaux facteurs de risque de l’hantavirose sont :
1. les contacts directs ou indirects avec les rongeurs :
· contacts avec les rongeurs vivants ou morts,
· contacts avec les matières fécales ou les nids de rongeurs,
· manipulation de terreau ou de terre contami-né(e);
2. le travail du bois :
· travail intensif du bois en forêt (coupe de bois, déplacement de troncs, etc ...),
· manipulation de bois stocké (bois de chauffage);
3. les travaux dans l’habitation :
· travaux de bâtiment (rénovation de vieilles mai-sons),
· nettoyage (exposition à la poussière) de caves, greniers, celliers ou poulaillers,
· réouverture d'un local resté fermé durant l'hiver.
L'exposition forestière occasionnelle, lors des activités de loisirs (promenades, tourisme, jogging) n'est pas clairement associée au risque de développer la maladie.

10. Quelles sont les mesures de précaution à prendre pour tenter de minimiser les risques d’attraper une hantavirose?

- Mesures générales en (bordure de) forêt et au niveau de l’habitation :
· porter des gants en caoutchouc ou en plastic pour manipuler des rongeurs vivants, ainsi que leurs nids, leurs pièges ou leurs cadavres;
· placer un pansement sur toute blessure avant toute activité à risque (cfr point 9);
· se mettre toujours dos au vent pour manipuler les rongeurs, leurs excrétions ou leurs nids, ou pour manipuler du bois ou de la terre;
· éviter de respirer très profondément quand vous avez le visage près des rongeurs, de leurs matiè-res fécales ou de leurs nids ;
· éviter de rentrer dans des locaux fermés.

- Mesures particulières au niveau de l’habitation :
· placer les provisions et la nourriture des animaux dans des endroits inaccessibles aux rongeurs;
· empêcher l’accès des rongeurs dans les habita-tions (boucher les ouvertures);
· éliminer les abris utilisables par les rongeurs;
· placer des pièges ou utiliser des poisons spécifi-ques (rodenticides);
· lors de la fermeture d'une pièce ou d'une cabane pour l'hiver, s'assurer qu’il n’y a pas de rongeurs à l’intérieur;
· lors de l'ouverture d'une pièce après l'hiver, vérifier que l'endroit n'est pas contaminé par des déchets de rongeurs; par contre, si c’est le cas, avant toute chose, aérer la pièce pendant au moins 30 minu-tes;
· pour le nettoyage d’endroits contaminés par des rongeurs, avant de passer un aspirateur (de préfé-rence) ou un balai, il faut les asperger à l'aide d'une solution d'eau de Javel à 10% (le virus est sensible aux désinfectants ménagers, et notam-ment à l'eau de Javel) ou les laver à l’aide de lin-ges ou de torchons trempés dans le désinfectant; ces linges doivent ensuite être éliminés.

Pour plus d’informations et source :

Mme G. Ducoffre
I.S.P. - Section d’Epidémiologie
Rue J. Wytsman, 14
1050 – Bruxelles
Tél. : 02/642.57.77
genevieve.ducoffre@iph.fgov.be
 

Laboratoire de Référence
Dr C. Vandenvelde
Hôpital Militaire Reine Astrid
Laboratory for Vector-Borne Diseases
Bruynstraat, 2
1120 – Bruxelles
Tél. : 02/264.40.44 

http://www.smd.be/rlvbd   

Cette plaquette est disponible
à l’adresse suivante : http://www.iph.fgov.be/epidemio/labo   
(plaquettes informatives)

Mars 2004 
Information sur l’hantavirose 

Institut Scientifique de Santé Publique (I.S.P.)
Sections Epidémiologie, Virologie et Rage-Parasitologie
en collaboration avec la Communauté française de Belgique
Direction Générale de la Santé et
le Laboratoire de Référence Hôpital Militaire Reine Astrid

Dernière mise à jour: 07/11/2005