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LE REFLUX

Les bonnes pratiques autour du reflux et de l’endoscopie.

Le reflux, symptôme fréquent et sous-estimé 28% des belges souffrent de brûlant, symptôme typique du reflux gastro- oesophagien (*)

Un Belge sur 8 en souffre au moins 1 fois par semaine et près d’un sur cinq en souffre au moins 1 fois par mois. Plus de 4% de la population belge en souffre tous les jours! Ces patients considèrent encore trop souvent ce symptôme comme un « problème de luxe » (mangé trop ou trop riche), et non pas comme une maladie qui peut être prise en charge. Plus de 45% de ces belges aujourd’hui s’auto-médiquent alors que le reflux mal ou insuffisamment traité peut entraîner des complications et provoquer éventuellement une sténose (fermeture partielle de l’œsophage), voire un cancer. 
En plus, 77% des personnes qui souffrent de reflux se plaignent de son impact sur leur qualité de vie. 

Cette maladie présente la caractéristique d’un manque de corrélation entre lésions et symptômes. Il est donc indispensable de consulter un médecin afin d’interpréter correctement les plaintes et de pouvoir bénéficier d’un diagnostic sûr et rapide, l’endoscopie. 

Depuis plusieurs années, les experts médicaux ont élaboré des consensus tant au niveau international ( consensus de Genval en 1999) que belge qui définissent les meilleures pratiques pour gérer de manière optimale le reflux. Ces pratiques tournent autour de deux axes: le diagnostic et le traitement et partent du postulat qu' au plus tôt un diagnostic certain est posé, au plus vite un traitement efficace peut être instauré. 

Aujourd'hui les gastroentérologues belges veulent rappeler et insister sur les bonnes pratiques en Belgique et attirer l'attention sur l'émergence de mauvaises pratiques qui pourraient, entre autres, être liées à une plus grande accessibilité des traitements sans endoscopie préalable (nouvelles conditions de remboursement de médicaments (particulièrement les génériques) mises en oeuvre depuis quelques mois).

Le consensus de Genval, tout récemment renforcé par l'avis d'un comité d'experts consulté par l'INAMI définit clairement la meilleure démarche thérapeutique : débuter d'emblée par le traitement le plus efficace. En effet une douleur légère n'exclut pas une atteinte sévère des muqueuses ou à l'inverse des symptômes sévères ne signifient pas nécessairement une oesophagite grave. Dès lors il est utile de rappeler que seul le médecin peut prescrire le traitement le plus approprié pour son patient, c'est à dire le traitement le plus efficace, à la dose requise et pour une durée déterminée. De même tous les médicaments ne sont pas identiques. D'importantes avancées thérapeutiques ont permis à une classe de médicaments : les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons ) d'être citer aujourd'hui comme classe de référence. A l'intérieur de cette classe un IPP de la dernière génération peut être cité en exemple.

L’endoscopie

Pour bénéficier du traitement le plus approprié, il est nécessaire de disposer d'un diagnostic fiable. En la matière , l'endoscopie (gastroscopie ) constitue la meilleure démarche. L’endoscopie consiste aujourd’hui en une simple intervention réalisée à l’aide d’un fin tuyau souple équipé d’un système vidéo minuscule. Ce fin tuyau est introduit sous anesthésie locale par la bouche et descend dans l’œsophage puis l’estomac et le duodénum. Le spécialiste contrôle de cette manière les blessures de la muqueuse et peut si nécessaire effectuer un prélèvement par une micro pince. Le professeur Louis, gastro-entérologue, a déclaré à cette occasion. “L’examen est quasiment indolore, les endoscopes sont fins et maniables et le fond de la gorge est endormi à l’aide d’un petit spray tout comme chez le dentiste”. Il rajoute : De plus, l’endoscopie s’effectue en moins de dix minutes, et le patient peut rentrer chez lui dès l’examen terminé”. 

Les traitements de reflux

Un groupe de travail international composé d’experts et de spécialistes du monde entier s’est réuni en Belgique pour réfléchir à la meilleure prise en charge des patients souffrant de reflux. La publication de ces entretiens fait
aujourd’hui figure de référence. Il en ressort que l’approche thérapeutique la plus performante repose sur l’administration en première intention du traitement le plus puissant et donc d’un inhibiteur de la pompe à protons (IPP). Aussi bien dans le cadre d’un traitement initial que d’un traitement à long terme.

  1. Les inhibiteurs de la pompe à protons
    Les symptômes liés au reflux étant provoqués par l’acidité de l’estomac, les médicaments capables de bloquer la sécrétion de l’acide par l’estomac constituent aujourd’hui le traitement de choix du reflux. Les plus puissants sont les médicaments appelés inhibiteurs de la pompe à protons. Ces médicaments bloquent le fonctionnement des pompes situées dans les cellules de l’estomac qui sécrètent l'acide. Ils sont extrêmement efficaces et bien tolérés. 
  2. Les antagonistes des récepteurs H2
    Ils n’inhibent que partiellement les pompes sécrétant l’acide contenues dans les cellules de l’estomac et il persiste donc une sécrétion acide. De plus, l’efficacité de ces médicaments diminue lors d’un usage continu à long terme. 
  3. Les antiacides
    Ils neutralisent l’acidité gastrique et, comme les antagonistes des récepteurs H2, peuvent s’avérer utiles dans le traitement d’aigreurs d’estomac occasionnelles.

Quelle est la place de la chirurgie ?

La chirurgie peut être envisagée chez les patients jeunes, sans facteur de risque pour une opération chirurgicale et dont le reflux nécessite une prise continue de médicaments. Elle peut également avoir pour but de corriger une particularité anatomique favorisant le reflux, telle la hernie hiatale. 

Les mesures d'hygiène sont-elles utiles ?

L’impact de ces mesures chez les patients qui bénéficient d’un traitement médicamenteux approprié est assez limité. Les seules mesures hygiéno-diététiques dont l’intérêt ait été scientifiquement démontré sont:
• L’élévation de la tête du lit chez les patients qui souffrent de reflux au cours de la nuit;

• Le régime sans chocolat, menthe, aliments très gras ou très sucrés, vin blanc, et en évitant tout repas copieux avant le coucher.

Suivi

Les maladies liées à la production d'acide, qu'elles touchent l’œsophage, l'estomac ou le duodénum, sont des maladies qui peuvent revenir régulièrement. Il convient de revoir le médecin généraliste soit pour faire un bilan annuel, soit pour optimaliser le traitement si des symptômes persistent ou réapparaissent.

Pour plus d’informations, consultez l’adresse suivante: www.brulant.be 


(*) Observatoire national réalisé auprès d’un échantillon de 2000 personnes représentatif de la population belge de 15 ans et plus.

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Dernière mise à jour : 07/11/05