Le traitement en a été défini par la:
10ème CONFÉRENCE DE CONSENSUS EN THÉRAPEUTIQUE ANTI-INFECTIEUSE.19 juin 1996
- Lyon. Sous l’égide de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue
Française (SPILF) avec la collaboration de la Société Française d’ORL et
de Chirurgie cervico-faciale, du Collège Français d'ORL, de la Société
Française de Pédiatrie (SFP), du Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique
"Le traitement est symptomatique. La fièvre doit être combattue par les
moyens physiques habituels (bains tièdes, boissons abondantes, …) et les
antipyrétiques. Le traitement de l’obstruction nasale et de la rhinorrhée
est essentiel, d’où l’importance du lavage des fosses nasales au sérum
physiologique et des techniques de mouchage. L’adjonction de divers produits
au sérum physiologique a été proposée, mais leur intérêt n’a pas fait l’objet
d’études comparatives. Les décongestionnants locaux et généraux sont
efficaces, mais sont contre-indiqués chez le petit enfant. Les antitussifs
contenant un opiacé peuvent être prescrits au-delà de 30 mois. Les autres
antitussifs, très hétérogènes dans leurs formulations, ont un intérêt
limité en pratique. Ils sont contre-indiqués en cas d’hyperréactivité
bronchique. Le traitement antibiotique systématique par voie générale n’est
pas justifié dans une rhinopharyngite aiguë d’évolution simple. Aucune
étude n’a démontré l’efficacité des antibiotiques dans cette affection,
ni dans le raccourcissement de la symptomatologie, ni dans la prévention des
complications. À l'inverse, le traitement antibiotique peut se discuter en cas
d’antécédents d’otites récidivantes, chez le nourrisson de moins de 6
mois, a fortiori lorsqu’il est gardé en collectivité, et à tout âge
sur terrain immunodéprimé. Le traitement doit comporter un volet éducatif
vis-à-vis des trois acteurs principaux: L'enfant chez qui la perméabilité des
voies aériennes supérieures est essentielle, d'où l’importance de l’apprentissage
précoce du mouchage;
-
Les
parents à qui il importe d'apprendre à ne pas confondre antibiotiques et
antipyrétiques,
-
Le médecin, parce que son premier
critère de prescription d’un antibiotique est l’aspect puriforme des
sécrétions alors qu’il est démontré qu’il ne témoigne en rien d’une
surinfection bactérienne.
En pratique, il est souhaité qu’après la
consultation le médecin puisse délivrer, en annexe d’une ordonnance à
visée symptomatique, des conseils simples, consensuels, écrits, pour rassurer
sur la nature bénigne de l’affection et alerter sur de possibles
complications. Les explications doivent porter sur la durée de la fièvre (qui
normalement peut atteindre 4 jours), l’aspect des sécrétions et la
nécessité d’une nouvelle consultation si la famille constate un changement
de comportement de l’enfant (insomnie, anorexie, toux émétisante,
disparition du sourire ...). La rhinopharyngite aiguë de l’enfant est une
affection d’origine essentiellement virale dont le coût social ne doit pas
être aggravé par des habitudes parentales et médicales inappropriées. L’évolution
des mentalités passe par une prise en charge éducative. "